Voilà une plante très ambivalente qui demande du temps pour être comprise !
Botanique
Nom vernaculaire : Fumeterre
Non scientifique : Fumaria officinalis
Famille botanique : Papaveraceae (anciennement Fumariaceae)
Partie utilisée : Partie aérienne fleurie
Description
La fumeterre est une plante herbacée annuelle dite rudérale. C’est-à-dire qu’elle s’épanouit dans les biotopes occupés par les humains. On la retrouve sur le bord des chemins, les vignobles, les terres incultes. Elle est originaire d’Europe et d’Afrique du Nord. C’est une plante qui, comme le pissenlit, croît sur les sols engorgés par excès de nourriture.

Si sa hauteur peut atteindre les 70 centimètres, elle peine a rester droite car ses tiges sont molles, ce qui lui donne un port plus ou moins rampant. Les tiges sont très ramifiées, les feuilles sont finement découpées.

Composition
D’après « le grand manuel de phytothérapie » d’Éric Lorrain
Alcaloïdes isoquinoléiques
Protopines
- Protopine (= fumarine)
- Cryptopine
Protoberbérines
- Canadine
- Stylopine
Spirobenzyltétrahydroisoquinoléines
- Fumaricine
- Fumariline
Indénobenzazépines
- Fumaritine
- Fumarofine
Autres
- Benzophénanthridine
- Bulgaramine
- Cryptocavine
- Aurotensine
- Sanguinarine
- Allocryptonine
- Corydaline
- …
Acides organiques
- Acide fumarique
- Acide malique
- Acide citrique
- Acide succinique
- Acide glycolique
- Acide lactique
Acides phénols
- Acide caféique
- Acide chlorogénique
- Acide férulique
Flavonoïdes
- Isoquercitine
- Quercétine 3,7-glucoside
- Quercétine 3-arabinoglucoside
- Rutine
- Arabinoside de kaempférol
Sels de potasium et mucilage
Les 5 axes d’action de la fumeterre
- Digestif
- Cutané
- Système nerveux
- Métabolique
- Musculaire

Comment la prendre ?
Cette plante n’est que très rarement recommandée seule. En général, elle est intégrée dans des synergies pour équilibrer ou potentialiser son action par rapport à l’effet global recherché.
Néanmoins, il est possible de la prendre en infusion seule en respectant les règles suivantes :
Si c’est pour une action hépatique, dans ce cas on limite la cure à 8 jours pour les raisons indiquées dans la vidéo. On prendra maxi 2 cuillères à café de sommités fleuries séchées. Laissez infuser environ 10 minutes, filtrez et buvez de préférence 30 minutes avant les repas.
Si c’est pour une action sur le système nerveux, avec la recherche de l’effet sédatif, on fera la même chose mais en cure d’un mois.
Exemple de tisane pour les migraines d’origine nerveuse et hépatique
30g de romarin
30g de fleurs de matricaire
20g de fumeterre
20g de fleurs de primevère
1 cuillère à soupe du mélange dans 200ml d’eau froide. Portez à ébullition, puis laissez infuser hors du feu pendant 6 minutes. Filtrez. Buvez 2 tasses par jour avant les repas, en cure de 20 jours.
Toxicité
Si les doses sont respectées, la présence de protopine et d’allocryptonine n’engendre pas de toxicité.
Contre-indications
- Grossesse et allaitement, par manque d’études sur le sujet
- Obstruction des voies biliaires
- Hypersensibilité aux substances actives
- Vigilance et avis médical en cas de présence de lithiase biliaire et insuffisance hépatique sévère
Références scientifiques et bibliographiques
Effect of herbal cream containing Fumaria officinalis and silymarin for treatment of eczema: A randomized double-blind controlled clinical trial
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC9090317/
Le grand manuel de phytothérapie d’Éric Lorrain
Conseil en phytothérapie, guide à l’usage du prescripteur, Paul Goetz et Francis Hadji-Minaglou
L’encyclopédie des plantes bio-indicatrices, Gérard Ducerf
Pour l’exemple de tisane
Le guide familial des plantes médicinales, D. Lousse, N. Macé, C. Saint-Béat, A. Tardif
