La tisane de l’hiver en vers…

C’est une tisane que je fais fréquemment l’hiver. Je mélange ortie, thym citronné et fleur de mauve. C’est une tisane agréable à boire, qui protège les muqueuses pendant la période hivernale. Le thym ajoute son côté antiseptique et l’ortie vient compléter le tout avec ses minéraux et son soutien au travail du rein.

J’avais envie de la partager d’une façon un peu plus fun que d’habitude 🙂

Doit-on apprendre la phyto-aromathérapie ?

C’est une question qu’on est en droit de se poser notamment quand on a conscience de problématiques de santé comme l’antibiorésistance. Problématique majeure des années à venir comme le rappelle l’OMS, l’antibirésistance peut trouver une réponse grâce à l’utilisation des huiles essentielles. De nombreuses études ont démontré que les antibiotiques étaient plus efficaces lorsqu’ils étaient associés aux huiles essentielles. Une bonne raison pour les considérer et savoir les manier en toute sécurité !

Comment choisir un bon livre d’aromathérapie ?

Je profite de la sortie de la deuxième édition du guide Terre Vivante des huiles essentielles pour vous expliquer comment choisir un bon livre d’aromathérapie et appliquer ensuite ces critères à cette nouvelle édition pour voir si c’est un bon livre.

Je vous mets également l’image du mindmap que je présente dans la vidéo.

L’huile essentielle de niaouli

L’huile essentielle de niaouli est tantôt présentée comme une huile indispensable, car très polyvalente et tantôt comme une huile lambda méritant peu d’attention. Dans la mesure où c’est une huile qui ne coûte vraiment pas cher, ça vaut le coup de s’y attarder pour savoir si oui ou non elle a sa place dans une trousse d’urgence. D’autant plus que c’est une huile utilisée depuis assez longtemps : on la retrouve dans ce qu’on appelle le Goménol, nom construit à partir du nom de la ville (plutôt commune) de Gomen. Une petite ville de Nouvelle-Calédonie où les populations locales consommaient régulièrement de la feuille de niaouli pour soigner plusieurs maladies.

Présentation botanique

Le niaouli est un arbre proche du tea-tree. Les deux arbres appartiennent d’ailleurs à la même famille botanique, celle des Myrtaceae et au même genre Melaleuca.

  • Melaleuca alternifolia pour le tea-tree
  • Melaleuca quinquinerva pour le niaouli

C’est un arbre qu’on trouve originellement en Australie, Nouvelle-Calédonie et Nouvelle Guinée. Il a été ensuite introduit avec succès dans plusieurs pays d’Afrique ainsi qu’aux États-unis où il devient facilement envahissant dans les zones marécageuses.

Son nom scientifique fait référence aux 5 nervures présentes sur sa feuille lancéolée, un peu comme sur la feuille de plantain. Un autre nom vernaculaire « Paper Bank Tea-Tree » fait référence quant à lui à son écorce de laquelle se détachent de fines couches d’écorces comme du papier.

L’huile essentielle

L’huile essentielle est issue de la distillation des feuilles, il faut environ 500g de feuilles pour faire un flacon de 10ml.

Composition chimique

Difficile de se faire une véritable idée sur cette huile sans prendre le temps de regarder sa composition chimique. La molécule majoritaire est le célèbre 1,8 cinéole. Ce qui place cette huile clairement dans les huiles dites respiratoires. Sa proximité avec le tea-tree ne se retrouve pas dans sa chimie puisque le niaouli contient en général 40 à 60% de 1,8 cinéole là où le tea-tree en contient rarement plus de 10%. C’est l’inverse pour les alcools terpéniques, puisque là c’est le tea-tree qui en contient entre 30 et 50% alors que le niaouli en contient moins de 10%.

Sur le couple Oxyde/Monoterpénols, finalement ces 2 huiles sont très complémentaires.

Une spécificité du niaouli, par contre, c’est sa teneur en alcools sesquiterpéniques, en l’occurrence le viridiflorol. Des taux très variables en fonction des lieux de production. En effet, une huile de Nouvelle-Calédonie, d’Australie ou de Madagascar aura une identité chimique bien spécifique.

On touche du doigt le premier problème avec l’huile essentielle de niaouli, il faut faire preuve de vigilance vis-à-vis de la provenance de l’huile. Même si l’huile essentielle de niaouli comporte plus d’une centaine de molécules différentes, il est pertinent de regarder de près les taux de 1,8 cinéole et de viridiflorol. Malheureusement il n’est pas toujours possible d’avoir ces informations. Sur certains sites on ne trouve même pas l’origine géographique.

Je déconseille donc fortement d’acheter une huile de niaouli si vous n’en connaissez pas l’origine géographique et si on ne peut pas vous renseigner sur le taux de cinéole et de viridiflorol.

Privilégiez plutôt une huile qui contient environ 50% de 1,8 cinéole et 10% max de viridiflorol. Les sites sérieux donnent au moins accès à ces informations.

Soit de manière directe, comme ici :

Soit de manière indirecte comme ici :

Le taux de viridiflorol n’est pas indiqué, mais on déduit facilement que ce taux est inférieur à 10%. Ceci dit, ne pas connaitre le taux exact peut poser problème si on cherche spécifiquement l’action du viridiflorol.

En général on préfère le niaouli de Madagascar car celui de Nouvelle-Calédonie peut avoir des taux de viridiflorol très important comme le montre ce tableau sur 3 variétés de Nouvelle Calédonie :

Source : https://www.researchgate.net/profile/Emile_Gaydou/publication/236882913_Le_niaouli_de_nouvelle-caledonie/links/00b49519e1901647be000000/Le-niaouli-de-nouvelle-caledonie.pdf

Propriétés de l’huile essentielle

L’huile essentielle de niaouli est surtout réputée pour ses propriétés anti-infectieuses à large spectre. C’est-à-dire qu’elle s’attaque aussi bien aux bactéries, qu’aux virus, aux champignons et au parasites. Elle est d’ailleurs parfois citée contre le paludisme. On la retrouve régulièrement citée pour lutter contre 3 sortes de virus, celui de la grippe et celui de l’herpès, qu’il soit labial ou génital, et le zona. Mais son activité anti-virale est bien plus large.

Son tropisme anti-infectieux est quand même bien localisé sur la sphère ORL. notamment grâce à sa forte teneur en 1,8 cinéole qui lui confère également de bonnes propriétés expectorantes et mucolytiques.

Une autre de ses propriétés remarquables est d’être radioprotectrice, c’est-à-dire de protéger la peau en cas de radiothérapie et l’aider à cicatriser.

On lui attribut également des propriétés antalgiques, anti-inflammatoire, décongestionantes veineuses et lymphatiques.

Enfin, ses propriétés oestrogène-like peuvent la rendre utile dans certains troubles hormonaux. Néanmoins elle sera fortement déconseillée aux personnes aux antécédents de cancers hormonaux-dépendants.

Au final, si on fait le bilan de ses propriétés, on pourrait presque dire que c’est une huile bonne à tout faire. Compte tenu de son prix et de sa facilité d’utilisation, finalement on n’a pas beaucoup de raisons de s’en priver.

Comment je me suis reconnecté à la nature

Comme beaucoup d’entre vous j’aime contempler la nature. M’assoir sur un rocher, au pied d’un arbre ou dans un champ et contempler cette nature qui m’accueille.  C’est impressionnant tout ce qui me passe par la tête à ce moment là ! Je suis fasciné par cette beauté, cette immensité, cette forme de perfection qu’elle manifeste. Je me sens à ma place et c’est certainement pour ça que j’aime randonner. J’aime à me dire que je ne fais plus qu’un avec la nature. Jusqu’au jour où j’ai réalisé qu’en fait j’en étais totalement déconnecté ! 

C’est au cours d’une de mes randonnées que j’en ai vraiment pris conscience. Oui j’aime la nature, mais j’aime quelque chose que je ne connais pas ! Je suis entouré de plantes mais à part l’ortie et le pissenlit je n’en connais quasiment pas. D’un coup je me sens vide ! S’il m’arrivait quelque chose je serais incapable de savoir quelles plantes manger ou quelles plantes utiliser pour me soigner en cas de blessure. Et ce n’est pas mon couteau que j’emporte toujours avec moi qui m’aidera ! 

Je vis ce vide comme une frustration. Moi qui aime tant apprendre, qui suis curieux de toutes formes de savoir,  dès qu’il s’agit de nature je suis vide. Comment ai-je pu ne pas voir à quel point la nature avait des choses à m’apprendre !  La nature est une encyclopédie dont je me contentais de lire la couverture…

Ce jour marquera ma vie à jamais, car c’est ce jour là que j’ai décidé d’apprendre. Apprendre les plantes sauvages, apprendre leurs utilisations, apprendre le savoir des anciens. Je ne savais pas encore comment, mais ma décision était prise. Je ne voulais plus me promener dans une nature inconnue. 

Quelques stages de découverte, et quelques livres achetés au hasard ne me suffisaient plus. Car plus je plongeais dans cette connaissance de la nature, plus ma boulimie de savoir grandissait.  J’ai finalement décidé de m’inscrire à l’Ecole des plantes de Paris qui propose une formation en 3 ans. Bien évidemment il est impossible de tout apprendre en 3 ans, mais pendant ces 3 ans j’ai construit une base solide sur laquelle je peux encore m’appuyer aujourd’hui pour continuer à apprendre de manière plus autonome. 3 ans qui m’ont donné les clés pour comprendre les plantes.

Ce qui a changé aujourd’hui c’est que je ne me promène plus dans la nature comme avant. Je marche plus lentement, je vais à la rencontre des plantes que je connais et reconnais. Si une plante m’est inconnue, je prends le temps de faire connaissance. Je la prends en photo, je cherche ses critères d’identification pour en déterminer le nom et l’espèce. Là où je ne voyais que des plantes indifférenciées, je vois maintenant une immense variété, une richesse, je vois des plantes comestibles, des plantes médicinales, des plantes qu’il est préférable de ne contempler qu’avec les yeux, bref je trouve la nature infiniment plus belle !

Mais surtout, enfin je ressens cette connexion, quand je m’assois dans la nature, je ne me contente plus de la contempler, j’en fait partie…

Atelier d’aromathérapie le 30 Octobre 2020 en Bourgogne

Le 30 octobre j’animerai un atelier d’aromathérapie lors d’une retraite yoga de quelques jours. Le tout dans un lieu charmant, si vous êtes intéressé.es n’hésitez pas à cliquer sur le lien ci-dessous. Dans cette atelier, je commencerai par parler des huiles essentielles en général, puis sensibiliserai aux précautions d’emploi et contre indications avant de passer à l’atelier plus ludique. Je présenterai en olfaction plusieurs huiles essentielles aux propriétés relaxantes, pour ensuite permettre aux participant de composer un stick olfactif ou un roll-on anti-stress.

https://www.vawanda.com/details-retraite+reconnexion+en+conscience+yoga+naturopathie+aromatherapie+et+alimentation+vivante+en+bourgogne+pendant+les+vacances+de+la+toussaint+-+massages+en+option-140.html

Analyse d’une production locale d’huiles essentielles

Lors de mon passage dans les Vosges, j’ai pu m’arrêter chez un producteur local d’huiles essentielles. L’occasion pour moi de regarder d’un peu plus près les huiles et plantes produites.

Avant d’aller plus loin, je précise que j’ai acheté tous les produits testés, ce n’est donc pas un article sponsorisé. Toutefois je remercie vraiment toutes les personnes qui travaillent dans cette production pour la qualité de leur accueil et le temps qu’elles m’ont consacré pour répondre à mes questions et me fournir les analyses chimiques quand je les demandais.

De manière générale, c’est plutôt une bonne chose que de regarder du côté des productions locales car on y trouve des plantes qui poussent naturellement dans la région ce qui est parfois un atout. Mais il ne faut pas tomber dans le mythe du « petit producteur » tout beau tout rose, il est important de garder un certain recul pour évaluer en toute objectivité la qualité de ce qui est produit et ne pas acheter les yeux fermés.

La production en question est la ferme du bien-être. J’ai eu la chance d’assister à une distillation, en l’occurence celle de la mauve. Elle ne donne pas d’huile essentielle mais un hydrolat.

Un petit diaporama de ma visite :

Puisque nous sommes dans les Vosges je m’attends à voir essentiellement des résineux et c’est le cas. Sur leur présentoir, les résineux sont majoritaires et côtoient d’autres huiles toutes aussi intéressantes mais pas forcément issues de plantes locales . Le présentoir n’est pas énorme mais cohérent avec une production locale. On y trouve une trentaine de références.

Alors que je regarde avec intérêt ce présentoir, mon oeil est attiré par un flacon de laurier noble. Du laurier noble dans les Vosges, je suis surpris… Non pas que le laurier noble ne puisse y pousser, car il pousse facilement un peu partout, mais surtout à cause du fait que chimiquement parlant, les meilleures huiles de laurier noble sont celles issues de lauriers cultivés autour du bassin méditerranéen. C’est ce que j’explique dans ma vidéo sur le sujet.

Je prends le testeur pour le sentir… L’odeur n’est pas au rendez-vous ! Je fais part de ma surprise de voir du laurier noble et on me dit que ce n’est pas une production locale, c’est un laurier noble qui provient de Hollande (donc encore plus loin du bassin méditerranéen ) et qu’ils distillent pour les producteurs. En échange ils vendent quelques flacons. Je reste dubitatif sur la qualité du laurier noble, je demande à voir l’analyse chimique qui confirme mon ressenti. Le taux d’oxyde (1,8 cinéole) est en dessous du minimum qu’on est en droit d’attendre pour un laurier noble de qualité thérapeutique. Il pourra dépanner faute de mieux, mais à acheter en connaissance de cause.

La menthe poivrée me fait vite oublier cette petite déception. Rien qu’à l’odeur on sent qu’on a affaire à une bonne huile essentielle de menthe poivrée. L’odeur mentholée est vraiment présente et agréable. Là encore je demande l’analyse chimique qui confirme un bon taux de menthol et de menthone, je la trouve vraiment bien équilibrée aussi bien sur le papier qu’en olfaction. Je l’ajoute à mon panier sans aucune hésitation et si jamais vous passez par là-bas ou commandez sur leur site, vous pouvez l’acheter les yeux fermés.

Vosges oblige, je me concentre maintenant sur les résineux. Mon objectif premier était d’acheter 3 résineux du coin pour les analyser à tête reposée. Mon choix se porte sur :

  • le sapin des Vosges (un sapin blanc), Abies alba
  • le pin sylvestre, Pinus sylvestris
  • le cyprès, Cupressus sempervirens

Le sapin des Vosges

L’odeur est clairement celle du sapin. Une odeur riche en monoterpènes. L’analyse chimique montre clairement une dominance du limonène (38,95%), puis de l’alpha-pinène (25,16%), du camphène (10,31%) et enfin du bêta pinène (2,77%)

Le sapin blanc n’est pas forcement une huile très utilisée en aromathérapie, néanmoins, c’est une huile qui trouvera facilement sa place dans une synergie à visée respiratoire, aussi bien contre les infections que pour assainir l’air, ou des synergies à visée antalgique contre les rhumatismes et l’arthrose par exemple. C’est une huile qu’il faudra impérativement diluer pour éviter tout problème cutané.

Le limnoène et le camphène lui donnent ses propriétés anti-infectieuses et anti-inflammatoires des voies respiratoires.

Les alpha et bêta pinènes lui donnent ses propriétés antalgiques.

En résumé c’est une bonne huile essentielle, elle m’a beaucoup plu, même si elle n’est pas forcément facile d’emploi. C’est une huile qui demande un peu de connaissance pour être pleinement exploitée, mais elle s’intègre facilement dans une synergie à visée respiratoire (entre 10 et 20%) ou s’utilise plus facilement en diffusion. Son odeur est vraiment très agréable. Si cette huile vous intéresse n’hésitez pas. Et si vous souhaitez juste la découvrir, elle est vendue en flacon de 5ml ce qui peut être une bonne occasion pour la tester.

Le pin sylvestre

Autre huile au tropisme respiratoire, le pin pourrait être employé comme l’huile de sapin des Vosges. C’est-à-dire dans une synergie à visée respiratoire ou en diffusion pour assainir l’air. Elle peut également trouver sa place dans les synergies visant à réduire les douleurs rhumatismales. C’est également une huile pouvant agir sur le système hormonal, mais il est préférable de l’utiliser sous le contrôle d’une personne compétente. De toute façon, je ne vais pas détailler les propriétés de l’huile essentielle, mais plutôt évaluer sa qualité. Notamment grâce à l’analyse chimique qui m’a également été fournie pour cette huile.

L’analyse révèle un taux d’acétate de bornyle très bas. En général on en attend entre 4 et 10%, là il y en a moins de 0,1%. Mais comme ce sont surtout les monoterpènes (les alpha et bêta pinènes qui représentent à eux seuls plus de 50% du mélange et le limonène) qui lui donnent ses propriétés respiratoires et toniques, dans l’absolu ce n’est pas trop grave. Elle risque juste d’être un peu plus dermocaustique, la présence d’une quantité significative d’esters aurait adouci la chose. Et un peu plus hypertensive, puisque l’huile essentielle de pin sylvestre est naturellement hypertensive. C’est donc une huile qui pourra s’utiliser parfaitement dans les synergies à visées ORL et tonique général. On l’utilise normalement contre les douleurs rhumatismales mais l’absence d’esters va réduire l’effet antalgique du couple ester/limonène. Donc à n’utiliser dans cet axe là qui si on n’a pas mieux.

Ici on touche du doigt l’importance de connaître et comprendre les familles chimiques qui permet de ne pas forcement exclure une huile essentielle sous prétexte qu’elle ne satisferait pas les taux attendus de telle ou telle molécule. Car si la signature chimique est différente de celle attendue, ça signifie seulement qu’on ne peut pas l’utiliser comme prévu. Mais elle peut se montrer efficace sur d’autre axes thérapeutiques. Dans le cas présent la signature chimique de cette huile de pin sylvestre permet de conclure que c’est une bonne huile à visée respiratoire. Utile dans les cas d’affections touchant les muqueuses respiratoires notamment. Et objectivement on utilise le pin sylvestre surtout pour ses propriétés respiratoires et toniques. Elle fera donc très bien le job ! Dans le cas du laurier noble c’était différent puisque les oxydes sont importants pour la qualité du laurier noble.

Coté précaution d’emploi il est indispensable de la diluer pour éviter tout problème cutané compte tenu de sa dermocausticité.

En résumé c’est une huile que je peux conseiller à l’achat si on la limite à ses propriétés toniques et respiratoires, ce qui est généralement le cas pour le pin sylvestre. Son odeur est agréable et elle pourra parfaitement intégrer une synergie dédiée à la diffusion pour assainir et parfumer l’air ambiant.

Je la déconseille par contre en cas d’hypertension.

Le cyprès

Je n’ai malheureusement pas pu avoir l’analyse chimique de cette huile essentielle car elle était justement en cours. Normalement je dois la recevoir par mail quand elle sera disponible. J’attendrai donc de la recevoir pour donner un avis définitif. Ce que je peux en dire, au niveau de l’étiquette on mentionne les 3 composés principaux, à savoir :

  • l’alpha-pinène
  • le delta3 carène
  • Le germacène

A ce stade on peut se dire que l’huile semble conforme à ce qu’on attend, mais il est toujours intéressant de connaître la quantité de cédrol, qui est un sesquiterpénol, qui doit être la plus faible possible.

Au niveau couleur et odeur tout est ok, l’odeur est vraiment agréable, je la trouve plutôt bien équilibrée.

Mon premier ressenti est plutôt positif sur cette huile.

En résumé

On a clairement affaire à des personnes sérieuses et agréables, ce qui donne confiance. Le fait d’avoir mis le distillateur visible de la boutique rassure. La boutique est vraiment super agréable, on y trouve des produits de qualité et l’offre est grande. On y trouve des plantes sèches, des hydrolats, des huiles essentielles, des macérats huileux, des savons, de bonnes choses à manger comme des confitures ou des pestos faits avec des plantes.

Le seul vrai point de réserve est sur le laurier noble, pour le reste je pense sincèrement que c’est un producteur chez qui vous pouvez commander sans crainte. Je suis vraiment content des huiles que j’ai achetées, avec un vrai coup de coeur pour leur menthe poivrée.

J’ai également acheté des plantes et des macérats huileux dont je ne parlerai pas ici mais qui dégagent la même impression de qualité.

Les familles chimiques de l’aromathérapie

Il y a plusieurs façons de pratiquer l’aromathérapie. La plus simple est de se limiter à reproduire des recettes trouvées sur internet ou dans des ouvrages d’aromathérapie. Cette méthode, si elle permet un premier contact avec les huiles essentielles, nécessite parfois d’acheter plus d’huiles essentielles que nécessaires. En effet, de par leur polyvalence, il est souvent possible de remplacer une huile par une autre, chose qu’on ne peut pas faire si on se limite à reproduire une recette sans connaissance particulière de l’aromathérapie.

Une autre façon de pratiquer l’aromathérapie est de comprendre un peu mieux les huiles pour avoir la capacité à remplacer une huile par une autre en cas de besoin, voire à élaborer ses propres recettes. Cette deuxième méthode fait souvent suite à la première, lorsqu’une fois la découverte passée on se sent plus à l’aise avec les huiles essentielles. On a donc envie de comprendre pour gagner en autonomie.

Cette envie de comprendre se heurte souvent à l’idée fausse qu’il est nécessaire d’avoir des connaissances en chimie pour progresser avec les huiles essentielles. On entend parler de molécules, de familles chimiques et autres concepts qui peuvent démotiver si notre parcours scolaire ne contenait pas ou peu de cours de chimie ou que ceux-ci ont laissé un très mauvais souvenir.

Mais il n’en est rien ! Il est tout à fait possible de s’aventurer dans le monde des familles chimiques de l’aromathérapie sans utiliser la moindre notion de chimie. On posera juste comme base de départ qu’une huile essentielle est composée de plusieurs principes actifs, et que ces principes actifs peuvent être classés en familles. C’est tout !

Tout ça est possible car dans les livres d’aromathérapie tout comme sur les bouteilles d’huiles essentielles on a toujours accès aux noms des principes actifs qu’elles contiennent. Certains livres mentionnent même directement les familles chimiques comme dans l’exemple ci-dessous.

À aucun moment il nous est nécessaire d’avoir des notions de chimie pour tirer profit de ces informations.

Avant de présenter les familles chimiques dans le détail, on va poser un cadre, comment nous aborderons chaque famille.

Pour chaque famille 7 rubriques seront présentées.

  • Les propriétés
  • Les indications
  • Les précautions d’emploi
  • Les contre-indications
  • La règle de nommage de la famille
  • Quelques exemples de principes actifs de la famille
  • Quelques huiles essentielles contenant la famille

Pour une famille, ces 7 parties sont regroupées en 2 visuels comme l’exemple ci-dessous. Bien entendu vous pourrez cliquer sur les images pour les agrandir.

Ça fait beaucoup d’information mais pas d’inquiétude, il n’est pas utile de toujours tout retenir par coeur. L’idée est que l’information soit accessible quelque part dans votre téléphone ou votre ordinateur quand vous en avez besoin. Vous pouvez pour ça télécharger les visuels comme aide-mémoire ou simplement les retrouver sur mon site ou mon compte Instagram.

Les familles chimiques

En général, en aromathérapie on se focalise sur une quinzaine de familles chimiques. Les noms peuvent paraître complexes ou à consonance trop chimique, mais pas d’inquiétude prenez-les comme de simples noms des ingrédients d’une recette de cuisine. De plus on va voir qu’elles n’ont pas toutes la même importance. Pour cet article je retiens 16 familles :

  • Les alcools monoterpéniques appelés aussi monoterpénols
  • Les alcools sesquiterpéniques appelés aussi sesquiterpénols
  • Les aldéhydes aromatiques
  • Les aldéhydes terpéniques
  • Les cétones
  • Les coumarines
  • Les esters
  • Les ethers
  • Les lactones
  • Les monoterpènes
  • Les oxydes
  • Les phénols
  • Les phtalides
  • Les sesquiterpènes
  • Les composés souffrés
  • Les composés azotés

La première des choses qu’on va faire avec cette liste est de la réduire. En effet, dans un premier temps il n’est pas necessaire de les apprendre toutes puisque certaines sont finalement suffisament rares pour ne pas les considérer pour le moment. On supprime donc de notre liste :

  • Les lactones
  • Les phtalides
  • Les composés souffrés
  • Les composés azotés

Il ne nous reste plus que 12 familles qu’on sépare en deux groupes. Le groupe qu’on baptisera PAC pour avoir un moyen mnémotechnique. Ce groupe contient 3 familles

  • Les Phénols
  • Les Aldéhydes Aromatiques
  • Les Cétones

Ces 3 familles sont importantes car dès que vous avez à faire à une de ces familles votre vigilance doit être accrue. Ce sont des familles dont l’usage est délicat et potentiellement dangereux. C’est un peu le même principe qu’avec les plantes sauvages. Si vous ne pouvez pas tout retenir, il est important de connaître au moins les plantes toxiques. Car ce sont sur ces plantes qu’il ne faut pas se tromper.

Le deuxième groupe contiendra les autres familles qui seront présentées dans la suite de l’article dans un ordre qui me paraît pertinent en gardant à l’esprit que cet ordre n’a rien d’officiel. C’est juste une proposition de ma part mettant l’accent sur l’intérêt des familles.

Les phénols

Les phénols sont réputés pour leur puissance. Ce sont des anti-infectieux puissants à même de venir à bout de tout type d’infections, qu’elle soient virales, bactériennes, fongiques ou parasitaires. Leur puissance nécessite un reflex de vigilance dès qu’on envisage de les utiliser. Cette vigilance est d’autant plus importante que les phénols ont déjà provoqué des accidents mortels.

Les phénols sont dermocaustiques, il est donc nécessaire de les diluer pour une utilisation cutanée et encore plus pour une utilisation orale. D’ailleurs la voie orale ne pourra être utilisée que sur des périodes très courtes pour ne pas risquer d’endommager le foie. On peut si besoin associer à tout traitement comportant des phénols des huiles hépatoprotectrices pour limiter l’impact des phénols sur le foie.

Les 3 phénols les plus courants sont :

  • Le carvacrol
  • Le thymol
  • L’eugénol

Toutefois, l’eugénol a une place à part car il n’est pas toujours classé parmi les phénols, ce sera le cas dans certains ouvrages mais pas dans d’autres. Cela s’explique par le fait qu’il ne dérive pas des terpènes mais des phénylpropanes. Mais comme on a dit qu’on ne fera pas de chimie je n’expliquerai pas plus cette différence ici. Il est peu toxique sauf à forte dose. En tout cas qu’il soit classé dans les phénols ou pas, gardez un réflexe de vigilance dès que vous avez à faire à un phénol.

Les aldéhydes aromatiques

Comme les phénols les aldéhydes aromatiques sont des molécules très puissantes à manier avec précaution. C’est une famille très utile en infectiologie car à très large spectre. Elles est efficace contre les virus, les bactéries, les champignons et les parasites. C’est une famille à utiliser avec prudence. En général on rencontre cette famille quand on utilise la cannelle de Ceylan mais pas seulement.

Ce sont des molécules dermocaustiques qu’il est important de diluer avant d’utiliser par voie cutanée. Pour la voie orale on choisira un support adapté et surtout on l’utilisera sous le contrôle d’une personne compétente qui aura adapté la dose et la dilution.

Les cétones

Les cétones forment une famille difficile qu’il n’est pas forcement facile de manipuler ou comprendre si on manque d’expérience. Les effets des cétones sont souvent très ciblés et il n’est pas rare d’avoir l’effet inverse que celui attendu si la dose n’est pas maitrisée. Il est donc préférable d’attendre un peu avant de manipuler cette famille avec un minimum d’aisance. Je conseille même de ne pas trop s’en occuper au début. Il est plus intéressant d’apprendre les autres familles et garder celle-ci pour la fin. On retient juste que si on se retrouve face à des cétones on fera preuve de prudence. Bien sûr rien n’empêche de les utiliser si on trouve une formule efficace élaborée par une personne compétente, mais on attendra de mieux les comprendre pour les utiliser dans une synergie personnelle.

Il ne s’agit pas de les bannir non plus car plusieurs ont de l’intérêt. On peut par exemple facilement utiliser le romarin à verbénone pour soulager le foie, ou utiliser les italidiones de l’hélichryse italienne contre les hématomes, ce qui reste des emplois classiques d’un cétone à action ciblé.

Les alcools monoterpéniques

Les alcools terpéniques appelés aussi monoterpénols sont assez populaires en aromathérapie. Il faut dire qu’ils ont plusieurs avantages. Il sont faciles d’emploi, relativement sûrs et sont en tête de liste des molécules recherchées par le grand public. en effet, la première demande en huile essentielle vise les infections, généralement respiratoires mais pas seulement. Ça tombe bien c’est le domaine des monoterpénols. Des anti-infectieux à large spectre, pouvant gérer des infections virales, bactériennes, fongiques ou parasitaires. C’est une famille assez proche des phénols, moins puissants, mais avec beaucoup moins d’inconvénients.

Autre point intéressant avec cette famille est que ses propriétés anti-infectieuses se combinent avec une propriété immunomodulante, qui permet de travailler sur le système immunitaire en même temps qu’elle travaille sur l’infection.

Les oxydes terpéniques

Partenaires indispensables des monoterpénols dans les affections respiratoires, l’ajout des oxydes renforce le côté antiviral de l’association des 2 familles. C’est une famille clairement respiratoire, j’en parle plus en détail dans cet article et dans cette vidéo.

Les monoterpènes

Complément intéressant des deux précédentes familles dès qu’il s’agit d’agir sur l’arbre respiratoire. Les monoterpènes sont des décongestionnants des voies respiratoires mais sont aussi très intéressants dans la prévention lorsqu’ils sont diffusés pour assainir l’air ambiant. Ils stimulent le système immunitaire et sont souvent toniques du système nerveux.

Les Esters

Autre famille importante de l’aromathérapie, les esters sont intéressants dès qu’il s’agit de calmer d’apaiser, de détendre. Une famille qui agit aussi bien sur le système nerveux central que périphérique. Ils décontractent les muscles lisses ce qui en fait de bons antispasmodiques. Intéressant aussi bien contre les spasmes utérins que les spasmes intestinaux. Je ne rentrerai pas dans le détail dans cet article mais c’est quasiment une famille dans laquelle on peut choisir l’intensité de l’action recherchée car l’efficacité des esters est proportionnelle au nombre d’atomes de carbone. On retiendra juste qu’on peut classer les esters entre eux.

Les Éthers

On a tendance à les confondre avec les Esters. Non seulement leur nom de famille est proche, mais en plus leurs propriétés le sont aussi. Toutefois les éthers sont des antispasmodiques majeurs et nécessitent un peu plus d’attention vis-à-vis des précautions d’emploi sur certaines huiles à éthers. En tout cas il est parfois intéressant d’associer esters et éthers pour lutter contre les spasmes utérins par exemple.

Les aldéhydes terpéniques

À ne pas confondre avec les aldéhydes aromatiques qui sont issus d’une autre voie métabolique dans la plante. Et si les aldéhydes aromatiques invitent à la prudence, les aldéhydes terpéniques eux n’ont quasiment pas de contre-indication. On veillera juste à les diluer pour éviter les irritations cutanées. C’est une famille facilement reconnaissable à son odeur citronnée comme dans l’eucalyptus citronné. C’est une famille connue pour être anti-inflammatoire, raison pour laquelle on retrouve souvent des huiles contenant cette famille dans les synergies visant les pathologies inflammatoires de l’appareil ostéo-musculaire.

Les Coumarines

Son nom évoque la mer et le soleil, mais soleil et coumarines ne font pas bon ménage. en effet, les coumarines sont photosensibilisantes. C’est-à-dire qu’une exposition au soleil après une application cutanée engendrera une réaction chimique qui brulera la peau. C’est le point important à retenir pour cette famille. Pas d’exposition au soleil pendant les 6h qui suivent l’application. Une fois qu’on fait attention à ce point, on peut sans crainte bénéficier des propriétés des coumarines, propriétés anticoagulantes, sédatives, hypotensives par exemple. Les coumarines se trouvent généralement dans les agrumes, il est donc important d’en vérifier la présence dès qu’on a à faire à une huile essentielle d’agrume.

Alcools sesquiterpéniques

Les alcools sesquiterpéniques appelés aussi sesquiterpénols sont moins populaires que les monoterpénols. Même si ce sont également des alcools, les deux familles ne partagent pas les mêmes propriétés. Un peu comme les cétones, c’est une famille qu’on utilisera plutôt de manière spécifique, ce qui sous-entend une bonne connaissance de cette famille avant de l’utiliser. Il n’y a pas grand intérêt à les développer plus à ce stade, la synthèse ci-dessous suffira, mais il est important de savoir que cette famille existe.

Les sesquiterpènes

On en trouve peu dans les plantes mais la présence de sesquiterpènes n’est pas sans effet dans une huile. La famille en elle-même n’a pas vraiment de propriétés qu’on ne saurait trouver ailleurs mais un des membres de cette famille, le chamazulène a la particularité d’être anti-allergique. Et pour l’avoir utilisé ça marche plutôt bien ! On ne cherchera pas forcement une huile à sesquiterpènes, mais la présence de cette famille dans une huile peut aider à privilégier le choix d’une huile plutôt qu’une autre en fonction des propriétés recherchées. Ce peut être soit pour renforcer un effet ou soit pour ajouter un effet secondaire positif.

Il ne me semble pas utile dans dire plus sur les familles pour l’instant. Cet article se veut être une introduction laissant volontairement la chimie de côté pour poser des bases qu’il sera plus facile de compléter par la suite. Ça me permettra également de m’y référer en cas de besoin sans avoir à tout reprendre à chaque fois.

Les huiles respiratoires

Le succès grandissant de l’aromathérapie fait qu’on cherche souvent des informations utiles et concises. C’est dans cet esprit qu’on voit régulièrement circuler des listes classant les huiles essentielles en fonction de leur utilité. La liste des huiles respiratoires, la liste des huiles circulatoires, des huiles relaxantes, etc. Ces listes sont intéressantes en première approche mais elles nous laissent en général sur notre faim. On ne sait pas si la liste est exhaustive et peut-être qu’une des huiles qu’on possède est respiratoire mais la liste ne la mentionne pas. Peut-être même que la liste contient une erreur. Bref, si en première intention ces listes ont leur raison d’être, comprendre ce qui permet de qualifier une huile comme respiratoire, circulatoire ou relaxante est plus intéressant car ça nous rend autonome dans le choix des huiles et, souvent, nous permet de faire avec ce qu’on a. Je vais donc détailler dans cet article ce qui permet de considérer une huile comme respiratoire.

Le système respiratoire

Pour comprendre pourquoi une huile est respiratoire, il est nécessaire de comprendre dans les grandes lignes ce qu’est le système respiratoire. L’idée ici n’est pas de se lancer dans un cours d’anatomie détaillé mais juste de comprendre quelques spécificités du système respiratoire.

Le système respiratoire permet d’amener de l’air contenant de l’oxygène jusqu’aux alvéoles pulmonaires afin d’oxygéner le sang et d’expulser le gaz carbonique contenu dans le sang. Ça a bien sûr d’autres fonctions, comme réchauffer l’air entrant et l’humidifier mais globalement on va garder ce fonctionnement à l’esprit. Le système respiratoire est donc une zone d’interface entre l’extérieur et l’intérieur du corps. On distingue en général les voies respiratoires hautes composées du nez, des fosses nasales, du pharynx et du larynx, et les voies respiratoires basses composées par le système bronchique, la trachée, et les petites bronches. Comme toute zone d’interface elle est confrontée à diverses agressions extérieures, que ce soient des organismes pathogènes ou simplement des poussières. À un moment donné, il faut donc faire un peu de ménage et sortir du système respiratoire tout ce qui n’aurait pas dû y entrer.

Pour se protéger, le système respiratoire dispose de plusieurs stratégies. la première est celle d’installer un filtre à l’entrée, c’est le rôle des poils dans les narines. Si ce filtre n’est pas suffisant, un deuxième mécanisme de protection prend le relais. Les muqueuses des voies respiratoires sécrètent en permanence du mucus dont la fonction première est de piéger ce qui aurait franchi le premier filtre dès l’instant que la taille est supérieure à 2 microns. Pour donner un ordre d’idée, un micron c’est mille fois plus petit qu’un millimètre. Bien évidemment, piéger ne suffit pas, il faut aussi montrer le chemin de la sortie à tout ce joli monde ! Et c’est là que rentrent en action les cils vibratiles qui tapissent la muqueuse respiratoire au niveau de la trachée et des bronches. Ils vont faire remonter le mucus avec tout ce qui est piégé dedans, pour, au choix, les recracher ou les avaler. On l’appelle cela l’escalateur mucociliaire. Pour éviter que les cils s’engluent dans le mucus, la sécrétion de mucus s’accompagne de la sécrétion d’une solution saline. Le mucus est déjà capable de s’occuper des organismes potentiellement pathogènes, et l’acidité de l’estomac finira de les détruire.

Schéma montrant les cils vibratiles et la production de mucus

On voit donc l’importance de maintenir à un niveau optimal la production de mucus et l’activité des cils vibratiles.

De quelles propriétés a-t-on besoin ?

On peut déduire de ces mécanismes de protection deux propriétés qu’une huile doit avoir pour être classée dans les huiles respiratoires : celle de favoriser la production de mucus, on appelle cette propriété mucolytique, et celle de soutenir le travail des cils, on l’appelle expectorante.

On peut bien sûr parcourir un livre d’aromathérapie et chercher les huiles qui auraient ces 2 propriétés. Mais il est plus intéressant de chercher la ou les familles chimiques responsables de ces propriétés et de chercher ensuite les huiles qui les contiennent. En faisant ce petit travail de recherche, on trouve que la famille chimique des oxydes, la famille du 1,8 cinéole appelé aussi eucalyptol, possède ces deux propriétés. Et qu’une huile contenant un quantité suffisante d’oxydes serait une bonne candidate pour être qualifiée de respiratoire.

Certaines molécules de la famille des monoterpènes, comme les pinènes, sont également expectorantes sans être forcement mucolytiques. La famille chimique des cétones, quant à elle, est plutôt mucolytique mais pas vraiment expectorante.

Pour rester simple, on peut garder en première intention qu’une huile contenant des oxydes et/ou des monoterpènes aura forcement des propriétés respiratoires.

Piéger et expulser ne suffit pas !

Lorsque des organismes pathogènes comme des virus ou des bactéries s’installent dans le système respiratoire, l’action combinée du mucus et des cils vibratiles peut ne pas être suffisante. Ce qui se traduit pas des infections et des inflammations dans l’arbre respiratoire et plus particulièrement des muqueuses.

Il est donc important de ne pas se contenter des deux propriétés précédemment citées. Il est impératif lorsqu’on traite les voies respiratoires d’associer aux propriétés mucolytiques et expectorantes des propriétés anti-infectieuses et anti-inflammatoires. Et c’est là qu’interviennent des familles chimiques comme les monoterpénols qui sont des anti-infectieux à large spectre et d’un emploi relativement facile.

Les phénols sont aussi des anti-infectieux puissants mais leur emploi délicat engendre pas mal de contre-indications et précautions d’emploi.

Pour le côté anti-inflammatoire, il faudra plutôt chercher vers des familles comme les sesquiterpènes, les aldéhydes terpéniques ou les esters.

Avant d’aller plus loin on peut donc résumer ce qui vient d’être dit de la façon suivante :

Une huile essentielle ou une synergie d’huile essentielles peut être considérée comme respiratoire si elle présente les caractéristiques suivantes :

  • mucolytique
  • expectorante
  • anti-infectieuse
  • anti-inflammatoire

Si on raisonne plutôt en famille chimique, on pourrait dire qu’une huile essentielle ou une synergie d’huiles essentielles peut être considérée comme respiratoire si elle contient dans les proportions adéquates :

  • des oxydes
  • des monoterpénols
  • des monoterpènes

Les huiles essentielles candidates

C’est pour ces raisons que des huiles comme le laurier noble, l’huile de myrte vert, les eucalyptus globulus ou radiata ou l’association du tea-tree et du ravintsara peuvent être considérées comme respiratoires. Les huiles essentielles d’épinette noire ou de pin sylvestre peuvent également rejoindre ce classement de par leur richesse en monoterpènes.

Bien sûr on pourrait complexifier un peu la chose puisque les huiles essentielles peuvent avoir d’autres propriétés intéressantes pour le système respiratoire comme celles d’être :

  • anti-tussive
  • décongestionnante des voies respiratoires
  • anti-catarrhale (combat l’inflammation des muqueuses)
  • béchiques (calme la toux et les irritations du pharynx)
  • fluidifiante bronchique
  • etc.

Mais en première intention on peut vraiment retenir que le trio oxydes, monoterpénols et monoterpènes est une bonne base pour qualifier une huile ou une synergie d’huiles de respiratoire. Cette combinaison de familles chimiques permet de répondre à la majorité des cas touchant les voies respiratoires comme les infections hivernales par exemple qui sont responsables de la majorité des demandes d’huiles essentielles auprès des pharmacies.

Par l’examen des composants principaux d’une huile essentielles il vous sera maintenant facile de voir si une huile peut être qualifiée de respiratoire. Ou à l’inverse, de vérifier si une huile dite respiratoire l’est vraiment. Car la limitation des listes est qu’elles ne précisent pas vraiment quelle action cible l’huile essentielle sur le système respiratoire. Traiter une infection, une allergie, de l’asthme etc. ne se fera pas à partir des mêmes huiles et pourtant on pourrait toutes les classer comme respiratoires.

Lavande et petit grain bigaradier

Nous n’avons pas toutes et tous le même rapport aux odeurs des huiles essentielles. Par exemple, il n’est pas rare que pour certaines personnes l’odeur de la lavande incommode plus qu’elle n’apaise. Et il est indispensable d’en tenir compte lorsqu’on souhaite réaliser une synergie à visée relaxante et apaisante contenant des huiles aux odeurs fortes comme la lavande. D’où l’importance de toujours avoir des stratégies de remplacement.

Dans cet article, je vous explique pourquoi il est possible de remplacer la lavande (Lavandula angustifolia) par le petit grain bigaradier (Citrus aurantium ssp amara) lorsque la lavande n’est pas supportée. Je ne détaillerai pas chacune des huiles, je me limiterai à ce qu’il est nécessaire de savoir pour comprendre ce qui va suivre.

Propriétés principales

Ces 2 huiles ont les propriétés principales suivantes :

  • relaxantes et sédatives
  • antispasmodiques
  • cicatrisantes
  • antalgiques
  • anti-infectieuses modérées

Le petit grain bigaradier est notamment reconnu pour être équilibrant du système nerveux.

On pourrait limiter notre raisonnement au fait de se dire que ces 2 huiles sont relaxantes et sédatives pour justifier ce remplacement, et objectivement ça suffirait comme raisonnement. Mais il est plus intéressant d’analyser pourquoi ces 2 huiles aux odeurs si différentes sont finalement très proches l’une de l’autre. Un occasion d’aller un peu plus loin dans la compréhension des huiles essentielles par une simple analyse de leur composition.

Analyse des compositions chimiques

L’aromathérapie scientifique se base en grande partie sur la relation structure/activité des molécules composant les huiles essentielles. C’est-à-dire qu’il est possible de déterminer la propriété d’une molécule en regardant sa structure. On peut ainsi classer les molécules en familles biochimiques, chaque famille regroupant les molécules de structure similaire. On trouve par exemple la famille des monoterpènes, la famille des alcools monoterpéniques, la famille des phénols, des esters, des cétones, etc.

Dans le cas qui nous intéresse on constate que les deux huiles sont composées de deux familles chimiques principales :

  • les esters
    • 50 à 55% pour la lavande fine
    • 50 à 70% pour le petit grain bigaradier
  • les monoterpénols (ou alcools monoterpéniques)
    • 40 à 45% pour la lavande fine
    • 30 à 40% pour le petit grain bigaradier

Ces deux familles chimiques représentent donc presque la totalité des composés de ces deux huiles. On gardera à l’esprit que les chiffres donnent un ordre de grandeur, les valeurs pouvant varier d’une récolte à l’autre, voire même d’un ouvrage de référence à l’autre.

Les esters sont des molécules apaisantes, relaxantes, sédatives, équilibrantes, antispasmodiques : des molécules qui agissent sur le système nerveux pour ramener un état de calme. C’est une famille très importante à connaître en aromathérapie. Quand une huile contient cette famille on peut être assuré qu’elle apportera un côté calmant. Les molécules appartenant à cette famille ont des nom faciles à reconnaître car ils sont construit sur le même schéma : XXXXXate de XXXXXyle. Par exemple acétate de linalyle, angélate d‘isoamyle, benzoate de benzyle etc.

Les monoterpénols appelés aussi alcools monoterpéniques sont des molécules plutôt anti-infectieuses. C’est une famille également très importante de l’aromathérapie car on utilise beaucoup les huiles essentielles pour soigner des maladies infectieuses. Les monoterpenols sont d’un usage plus facile que d’autres molécules anti-infectieuses comme les phenols, plus délicats d’emploi. Les molécules appartenant à la famille des monoterpénols on des noms qui finissent en « ol ». Mais il faut faire attention car c’est aussi le cas des phénols. Il faudra donc toujours faire preuve de vigilance avec les noms se terminant en « ol ».

Si ces deux huiles contiennent des molécules de la même famille, on peut donc intuiter qu’elles auront des propriétés similaires. Et on aurait raison ! Mais la similitude ne s’arrête pas aux familles, car majoritairement les deux huiles contiennent les mêmes molécules, à savoir :

  • Le linalol pour la famille des monoterpénols
  • L’acétate de linalyle pour les esters

Les graphes ci-dessous illustrent ces comparaisons.

Comparaisons des taux d’esters
Comparaison du taux de monoterpénols

Ce constat pourrait surprendre compte tenu du fait que leurs odeurs respectives sont bien différentes. Mais ça permet de comprendre que finalement l’odeur d’une huile essentielle ne dépend pas toujours des molécules majoritaires et que la différence peut se faire sur les quelques pour cent apportés par une ou des molécules particulières.

Ces deux huiles sont donc parfaitement interchangeables en cas de besoin, ou simplement par goût ou préférence. Cette similitude repose grandement sur le fait que les esters et les monoterpénols sont largement majoritaires dans les deux huiles.

Ce cas d’école est intéressant pour comprendre l’importance de connaître les principales familles chimiques (une dizaine ou une quinzaine suivant notre motivation) car ça nous libère vraiment de la bobologie basée sur des recettes qui nous obligent à posséder un grand nombre d’huiles essentielles pour traiter un maximum de cas. Alors qu’une compréhension des familles chimiques apporte un degré de liberté supplémentaire en limitant notre choix à quelques huiles essentielles pour composer notre trousse d’aromathérapie et raisonner par équivalence si besoin.

L’occasion de voir ou revoir ma vidéo sur comment réaliser sa trousse d’aromathérapie minimaliste :