L’huile essentielle d’ylang-ylang

Partie botanique

L’ylang-ylang, Cananga odorata, est un arbre de la famille des annonaceae, originaire d’Asie du sud-est qu’on retrouve de manière native aux Philippines, en Malaisie, Madagascar ou Indonésie. Mais qui se cultive dans d’autres régions du monde comme la Chine ou la Réunion. Un arbre pouvant atteindre un maximum de 30 mètres à l’état sauvage, mais une hauteur de 15 mètres est plus habituelle. Par contre, lorsqu’on le cultive pour l’huile essentielle extraite de ses fleurs, on contraint la croissance à 2 mètres pour faciliter la récolte puisqu’il a l’avantage d’avoir des branches tombantes. C’est un arbre à croissance rapide, possédant des feuilles persistantes, alternes mais dans un même plan.

Lorsqu’il est cultivé, les arbres sont contraints pour garder leurs branches suffisamment basses pour faciliter la cueillette. Plus la fleur fleurit, plus elle devient jaune. D’ailleurs il est intéressant de constater que les composés volatils émis par la fleur ne sont pas les mêmes suivant le stade de floraison, d’où l’importance de ne pas la cueillir n’importe quand. Une différence suffisamment notable pour justifier une étude scientifique et expliquer ainsi la palette de parfums produite par la fleur tout au long de sa maturation. On peut gâcher une distillation si on y incorpore des fleurs non arrivées à maturité.

Différents stades de maturité de la fleur

Photo by Joël Bentzinger que je remercie au passage

Et c’est d’ailleurs la fleur qui va être l’objet de toutes les attentions, puisque c’est d’elle que sera extraite l’huile essentielle tant convoitée. Une fleur composée de 6 longs pétales disposés en une corolle à 2 étages, comme c’est bien visible sur cette photo. La floraison dure toute l’année avec un pic entre novembre et mars.

La fragilité de la fleur nécessite de procéder à la distillation juste après la récolte. Sa distillation est longue, elle peut durer jusqu’à 20h mais peut être fractionnée en 5 : c’est-à-dire qu’on pourra récupérer la première partie obtenue après quelques heures de distillation, puis continuer la distillation et récupérer une deuxième partie et ainsi de suite. Les 5 fractions de distillation ont chacune des usages bien différents, puisque ne contenant pas forcément les mêmes principes actifs. Ces 5 fractions sont :

  • l’extra supérieur, destiné à la parfumerie
  • l’extra, destiné à certains laboratoires pour des soins cutanés par exemple
  • la 1ère
  • la 2ème
  • la 3ème

Les 3 dernières distillations sont bien évidemment de moindre qualité et sont surtout utilisées comme composants d’une préparation plus globale dans laquelle l’olfaction n’est pas spécialement recherchée.

Pour une utilisation thérapeutique on prendra ce qu’on appelle le TOTUM, c’est à dire l’ensemble des principes actifs récupérés par la distillation complète et non une des 5 fractions citées ci-dessus. Il est donc important de s’assurer que l’huile essentielle qu’on utilise contient la mention ylang-ylang complet ou ylang-ylang totum.

Propriétés thérapeutiques

Usages traditionnels

Les fleurs d’ylang-ylang sont utilisées depuis longtemps de manière traditionnelle. En Polynésie, on la mélangeait avec l’huile de noix de coco pour en rehausser l’odeur de l’huile de massage. À Java et au Vietnam, on utilisait la fleur séchée pour traiter le paludisme et ses symptômes. On trouve même des pâtes préparées à partir de la fleur pour traiter l’asthme.

La fleur n’est pas la seule partie utilisée dans les usages traditionnels. Mélangée avec l’écorce, on la retrouve dans des traitements contre des maux d’estomac et la pneumonie.

Et bien évidemment l’effet aphrodisiaque de l’huile obtenue à partir des fleurs semble être reconnu depuis longtemps. Elle combine une action sur le mental en aidant au lâcher-prise tout en augmentant la libido. Ce n’est pas sans raison que plusieurs marques de parfum l’utilisent dans leur composition comme l’indique ce site présentant un classement des parfums à base d’ylang-ylang. Des parfums aussi célèbres que le N°5 de Chanel ou Coco Chanel en contiennent.

Une récente étude fait également mention de la propriété spermatotoxique de l’écorce d’ylang-ylang pouvant participer à la diminution de la fertilité masculine.

Propriétés de son huile essentielle

L’huile essentielle d’ylang-ylang est assez polyvalente, mais on la classe clairement dans les huiles relaxantes et apaisantes. Et c’est vrai qu’elle est reconnue pour sa capacité à détendre le mental, à favoriser le lâcher-prise, que ce soit en olfaction ou en cutané. Une huile rééquilibrante du système nerveux et très utile en cas de stress : son parfum puissant peut suffire à calmer, déstresser. De par ses propriétés calmantes, elle s’intègrera facilement dans des synergies pour traiter certains troubles du sommeil.

Cette propriété est assez reliée à sa capacité à booster la libido qui peut être perturbée par un mental trop présent. De fait elle va diminuer la capacité de concentration et favoriser le lâcher-prise. Mais son action sur le corps est bien réelle, son effet aphrodisiaque combine l’effet sur le corps et l’effet sur le mental. Il est à noter toutefois que même si elle est réputée aphrodisiaque pour les deux sexes, c’est plutôt une huile féminine. Pour autant, l’utiliser avec votre partenaire – quel que soit le sexe – ne pourra être que bénéfique si l’odeur vous est agréable. Elle peut parfaitement s’intégrer à la sensualité du moment puisqu’on va la diluer dans une huile végétale pour masser le bas du dos.

Pour rester sur la sphère génitale, c’est une huile très utile pour traiter les spasmes liés aux douleurs prémenstruelles. Elle peut totalement remplacer la camomille romaine dans le mélange que je préconise contre les règles douloureuses.

L’huile essentielle d’ylang-ylang peut également être utilisée contre des douleurs plus profondes, plus lancinantes, les douleurs névralgiques. Ses propriétés antalgiques permettent d’apporter vraiment un soulagement rapide même si celui-ci n’est pas forcement de longue durée. C’est une huile qui peut être une vraie source de réconfort et d’apaisement dans un contexte de soin palliatif ou dans le cadre d’un traitement anticancéreux. Elle sera également pertinente pour accompagner les synergies dédiées aux douleurs ostéo-musculaires, sa présence aidant à dénouer les tensions au niveau des muscles et des articulations. En association avec le tandem gaulthérie/eucalyptus citronné par exemple.

Son action sur le système nerveux lui donne des propriétés hypotensives intéressantes. En effet, c’est une huile qui réduit l’activité du système nerveux sympathique, impliqué dans l’augmentation de la tension artérielle. De même elle va calmer les palpitations cardiaques, les arythmies, les tachycardies. C’est clairement une huile qui peut intégrer une synergie à visée cardiaque.

Bien entendu, si on souffre d’hypotension ou qu’on a des variations de tension importantes, il faudra éviter de l’utiliser ou bien l’utiliser sous contrôle médical.

Ses propriétés ne s’arrêtent pas là puisqu’elle est également intéressante pour régénérer la peau après une brûlure. Elle se combinera à merveille avec la lavande officinale. Elle pourra également aider à la régénération des cheveux après une perte due à une chimiothérapie, un stress ou autre : il suffira de mettre une à deux gouttes dans sa noisette de shampoing pour l’utiliser à cette fin. On peut également verser une ou deux gouttes dans une huile végétale pour ensuite se faire un masque capillaire qu’on laissera agir avant rinçage. L’huile essentielle d’ylang-ylang aide à réguler la production de sébum au niveau des cheveux et calme les démangeaisons du cuir chevelu.

Aromathérapie énergétique

C’est clairement une huile de la bonne humeur, de l’euphorie, de la joie de vivre. Sensuelle, elle réveille les passions et invite à profiter de la vie. Elle calme les colères, le stress, la frustration, elle détend, dénoue, décrispe. Une huile à avoir quand on est sujet aux tensions et au stress. Pour les personnes à qui ça parle, elle est associée au 2ème chakra, le chakra de l’ombilic.

Contre-indications et précautions d’emploi

C’est une huile facile d’emploi avec peu de contre-indications. Elle peut se montrer irritante sur la peau après un usage trop fréquent et son odeur assez puissante peut incommoder les personnes à tendance migraineuse.

Composition chimique

C’est une huile contenant majoritairement des sesquiterpènes (généralement plus de 50%). Les sesquiterpènes sont très polyvalents et plusieurs des propriétés de l’huile essentielle de l’ylang-ylang sont des propriétés des sesquiterpènes. Ils sont anti-inflammatoires, antalgiques, calmants, hypotenseurs, décongestionnants veineux et lymphotoniques.

Viennent ensuite les esthers qui vont lui apporter son côté calmante et relaxante. Elle contient notamment des benzoates qui sont les esters les plus puissants et donnent à l’huile une forte propriété antalgique. Les esters vont renforcer les propriétés hypotensives, antispasmodiques et antalgiques de l’huile essentielle. Ils sont aussi de bons rééquilibrants nerveux.

On retrouve également des éthers qui s’associent parfaitement aux esters pour les propriétés régulatrices du système nerveux, antispasmodiques et antalgiques. Des alcools monoterpéniques et sesquiterpéniques qui apporteront le côté tonique et stimulant cellulaire.

Enfin, elle contient également quelques phénols mais qui ne compliquent pas son utilisation compte tenu de leur faible concentration.

Pour conclure

Pour ma part, c’est une huile que je classe dans mes indispensables. Elle s’intègre à beaucoup de synergies et a vraiment toute sa place dans une trousse d’aromathérapie.

Souces :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4534619/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6270805/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4473991/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ylang-ylang

https://www.sylvaine-delacourte.com/fr/blog/l-hypnotique-ylang-ylang

En finir avec les cystites à répétition

Bien que le choix soit plus vaste, deux plantes de la famille botanique des Ericaceae sont remarquablement efficaces pour lutter contre les infections touchant les voies urinaires. La bruyère, Calluna vulgaris, et la busserole, Arctostaphylos uva-ursi. Deux plantes qui lorsqu’on les combine gagnent en efficacité. Cette propriété commune est notamment due à la présence d’une molécule appelée l’arbutoside, qui subira plusieurs transformations chimiques lors de son passage par l’intestin, le foie et les reins. Transformations qui aboutiront à une molécule appellée l’hydroquinone, relativement proche des phénols ayant de bonnes propriétés antiseptiques. Cette molécule sera évacuée par les reins et pourra ainsi nettoyer au passage toutes les voies urinaires des bactéries pathogènes.

Cette molécule n’agit pas seule, elle agit en synergie avec les autres molécules de la busserole et celles de la bruyère pour combattre plusieurs souches bactériennes responsables des cystites. De plus, certaines molécules vont également directement agir sur la reconstruction et la cicatrisation de la muqueuse urinaire.

L’association des deux plantes effectue un vrai travail sur le terrain pour le rendre moins propice aux infections. À ces deux plantes, j’ai pour habitude d’en ajouter une troisième, l’ortie, Urtica dioica. Elle renforcera le coté anti-inflammatoire, soutiendra le travail des reins et apportera un effet reminéralisant. Ces 3 plantes forment vraiment la base de la formule. On peut y associer d’autres plantes, mais elles seront spécifiques à chaque personne. Retenez simplement que la formule de base pour prévenir des cystites à répétition est la suivante :

  • La bruyère, Calluna vulgaris. On utilisera la sommité fleurie. 100gr.
  • La busserolle, Arctostaphylos uva-ursi. On utilisera la feuille. 50gr.
  • L’ortie, Urtica dioica. On utilisera la feuille. 50gr.

La plante principale de cette synergie est la bruyère car elle est très sûre d’emploi et n’a pas vraiment de contre indication. Je lui associe la busserole qui est plus riche en arbutoside, ce qui va renfoncer le côté anti-infectieux. Par contre la busserole ne peut pas être utilisée de manière continue. C’est important de le souligner. On associe les deux au départ pour bénéficier de leur synergie, mais sur un temps limité.

Important : si vous prenez un traitement à base d’anti-inflamatoire non stéroidien, il faudra enlever la busserole du mélange pour éviter les problèmes gastro-intestinaux dûs à l’interaction médicamenteuse de la busserole.

Comment utiliser le mélange ?

Pour être efficace, il est recommandé d’en boire au minimum un demi-litre par jour. Mais un litre c’est mieux. Préparez la tisane avec une cuillère à soupe du mélange pour un demi litre d’eau. Laisse-la ensuite infuser 10 à 15 minutes à couvert.

Cette cure d’un mois est vraiment nécessaire pour stabiliser le terrain, bien nettoyer les voies uriniaires et permettre à la muqueuse urinaire de cicatriser. On agit en douceur sur la durée. Après cette cure, on peut se contenter d’une tisane de temps en temps ou continuer la cure une semaine par mois. On prendra soin d’enlever la busserole pour rester sur l’association de la bruyère avec l’ortie. Dans la majorité des cas le risque de rechute est rare mais au moindre signe d’alerte on peut repartir sur un demi-litre à un litre par jour jusqu’à disparition des symptômes . Si crise il y a, elle sera de faible amplitude.

Ce protocole peut paraître un peu contraignant, mais pour l’avoir conseillé à plusieurs personnes qui souffraient de cystites à répétition, les retours ont toujours été très positifs. Et quand on souffre de ces infections à répétition, boire régulièrement de la tisane est plutôt une solution simple.

Le système urinaire se met au repos la nuit, il est donc préférable lorsqu’on boit un demi-litre à un litre de tisane par jour, de le faire du matin jusqu’en milieu d’après-midi pour ne pas avoir à se lever pendant la nuit. Un détail qu’on a tendance à trop souvent oublier. Si on boit une tasse de tisane le soir passe encore, mais il est préférable d’éviter de tout boire en fin d’après-midi.

Pour aller un peu plus loin

La busserole

Ce sont les peuples nordiques qui exploitent la busserole pour ses vertus thérapeutiques depuis longtemps, usage qui finit par se répandre en Europe. Bien qu’elle ait plusieurs propriétés, son efficacité comme antiseptique des voies urinaires reste l’usage le plus répandu. C’est un arbrisseau aux feuilles persistantes qu’on retrouve généralement en regroupement très dense. Sa richesse en tanins fait qu’elle a longtemps été utilisée dans le tannage des peaux. On l’appelle également « raisin d’ours » à cause de ses fruits rouges très prisés par les ours. Son nom busserole trouve son origine en Provence où sa ressemblance avec le buis le fait appeler bouisserolo, qui veut dire buis.

La bruyère

Son usage dépasse le cadre médicinal car ses racines étaient utilisées pour confectionner des pipes et les ramures étaient utilisées en Bretagne pour les toits de chaume. La « terre de bruyère » – terre dans laquelle se décompose la bruyère – est utilisée par les jardiniers pour les cultures. On récolte les grappes fleuries au début de leur épanouissement.

Les huiles essentielles sont-elles écologiques ?

Une question revient souvent :

Les huiles essentielles sont-elles écologiques ?


Cette question est pertinente et quand on les utilise, on doit se la poser.


D’autant plus qu’on voit de plus en plus d’articles soulignant le caractère non écologique des huiles essentielles, basé essentiellement sur 2 critères :

  • le rendement à l’hectare, critère plus ou moins associé à la consommation d’eau nécessaire.
  • l’aspect toxique des molécules des huiles essentielles lorsqu’elles se retrouvent dans l’environnement via les eaux usées.


Vu comme ça en effet, le bilan des huiles essentielles est mal engagé et on peut culpabiliser d’acheter quelques huiles essentielles pour se soigner ou préserver sa santé.


Avant d’aller plus loin il est important d’avoir conscience de ce qu’est le marché des huiles essentielles. Car les huiles essentielles dédiées à l’aromathérapie et aux usages personnels ne représentent que 2% du marché mondial des huiles essentielles, comme le souligne ce document. Sans surprise, 98% de la production mondiale d’huile essentielles sont absorbés par 3 industries de masse :

  • L’agro-alimentaire (eh oui, beaucoup d’huiles essentielles se retrouvent dans l’alimentation pour donner du goût ),
  • la parfumerie, qui est certainement l’industrie qui utilise le plus d’huiles essentielles de fleurs pour leurs fragrances et à qui on ne reproche pas spécialement le coût écologique.
  • les cosmétiques.


On pourrait donc s’arrêter là et dire que l’impact écologique des huiles essentielles destinées à l’aromathérapie et l’usage personnel est négligeable par rapport au reste. Si on souhaite limiter l’impact écologique lié aux huiles essentielles, il est plus efficace de bannir plusieurs produits issus des trois industries de masse que je viens de citer.


Mais ce serait dommage de s’arrêter là ! Car même si l’aromathérapie ne représente de 2% de la consommation mondiale d’huiles essentielles, elle ne dispense pas d’avoir un comportement responsable.


Et pour ça, la première des choses à faire avant d’utiliser les huiles essentielles est de s’informer, d’apprendre et de comprendre. Sortir de la logique « je vois une recette sur internet et je la reproduis sans chercher à comprendre ». Car il faut comprendre pour voir si un conseil est pertinent. La méconnaissance des huiles essentielles conduit souvent à des surdosages ou des mauvaises utilisations qui comme je l’indiquais dans ma première vidéo étaient responsables de plusieurs milliers d’appels aux centres antipoison. Les surdosages sont également fréquents dans les produits ménagers maison. On a tendance à penser qu’une goutte ce n’est pas assez, qu’il en manque, alors que les huiles essentielles sont vraiment des concentrés de principes actifs de plantes et que bien souvent moins d’une goutte est nécessaire pour avoir un effet.


Vient ensuite la question de l’usage. Les huiles essentielles achetées par des particuliers le sont principalement pour 4 raisons :

  • La santé
  • Les cosmétiques
  • Les produits ménagers
  • Les diffusions de parfums d’ambiance

De manière générale, quoi que nous fassions, pour vivre, nous vêtir, nous déplacer, nous nourrir, nous soigner, etc. nos actions auront toujours un coût écologique. Notre responsabilité consiste donc à avoir conscience de ces coûts pour les limiter autant que faire se peut. Utiliser les huiles essentielles de manière responsable, c’est le faire en étant en accord avec ce principe.


Et même si nos besoins en huiles essentielles ne consomment que 2% de la production mondiale nous pouvons limiter leur utilisation à l’essentiel, sachant que cet essentiel peut varier d’une personne à l’autre.


Puisque c’est la thématique de mon site et de ma chaîne, attardons-nous sur l’utilisation des huiles essentielles à des fins thérapeutiques, et voyons comment le faire de manière responsable. On peut identifier 6 points important, et si vous me suivez depuis le début de mon activité, vous verrez que les 6 points que je présente sont omniprésents dans mes vidéos.

  • La première des choses à faire, est bien évidemment de se former un minimum à leur utilisation et ne pas se contenter d’appliquer des recettes sans comprendre. C’est notamment le but de ce site et de ma chaine de transmettre la passion et le savoir des plantes médicinales.
  • Deuxième point, n’acheter que des huiles issues de productions responsables et bio. Car le label bio n’est pas toujours un critère suffisant. On peut cultiver de manière bio en consommant des ressources rares en eau, ou monopoliser des terres qui auraient pu servir à des cultures nourricières.
  • Le troisième point est de ne pas se lancer dans une collection d’huiles essentielles mais viser plutôt une trousse minimaliste composée de 10 à 20 huiles polyvalentes grand maximum, avec lesquelles on pourra répondre à la majorité des situations. C’est la démarche que je privilégie depuis le début. A ce sujet, je vous renvoie vers ma vidéo sur comment construire sa trousse d’aromathérapie.
  • Quatrième point, on peut se passer des huiles très chères. Celles qui ont le plus gros impact écologique. Par exemple, la rose de Damas qui est souvent citée pour son faible rendement à l’hectare n’a rien qui la rend unique et indispensable. A part son odeur, il est facile d’avoir les mêmes propriétés avec des huiles ayant des rendements à l’hectare plus efficaces et donc un impact écologique plus faible.
  • Cinquième point important, pensez à la dilution qui permet d’utiliser moins d’huile essentielle. Comme je le disais, il faut parfois moins d’une goutte pour avoir des effets.
  • Et enfin sixième et dernier point, les utiliser à bon escient, c’est-à-dire utiliser les bonnes huiles pour le bon cas.

Concernant les besoins en eau souvent évoqués pour souligner le caractère non écologique des huiles essentielles il faut savoir relativiser. Les articles choisissent souvent pour illustrer ce point, la rose de Damas, qui est certainement le pire cas. Or comme on le vois dans le graphique ci-dessous, la rose de Damas, n’apparait même pas dans les 20 huiles les plus vendue. on ne peut donc pas se baser sur son cas pour généraliser aux autres huiles essentielles.

Le graphique montre également que l’huile essentielle la plus vendue en aromathérapie est le tea-tree. Arbre cultivé en Australie qui ne nécessite un arrosage assisté qu’au début de sa vie et un appoint pendant les périodes sèches. Le reste du temps, il ne nécessite pas d’arrosage particulier comme l’indique ce site.

Vient ensuite la lavande qui est une plante rustique qui ne nécessite pas d’arrosage important. Et si on considère l’huile essentielle de lavande vraie qui est issue de la cueillette de lavande naturellement présente en altitude, il n’y a pas d’arrosage autre que la pluie.

Après il serait mensonger de dire que la culture de plantes ne consomme pas d’eau, mais pour évaluer l’impact sur la consommation d’eau, il est nécessaire de regarder la plante cultivée, ses besoins en eau, si sa région est en stress hydrique et si l’arrosage entre en conflit avec les besoins vitaux des populations locales. Il est regrettable que la majorité des articles soulignant la consommation d’eau induite par les huiles essentielles ne prennent en référence que la rose de Damas qui est le pire cas. D’autant plus que c’est une huile très minoritaire dans les ventes annuelles compte tenue de son prix. Et comme je le disais, elle n’est pas indispensable à l’aromathérapie.

Petite précision par rapport au graphique, il s’agit bien des huiles vendues en pharmacie, car dans le marché mondial des huiles essentielles, les premières huiles vendues sont celles des oranges, menthes et citrons destinées à l’industrie agroalimentaire et qui représentent à elles seules 90% du marché. De plus les huiles essentielles d’orange et citron sont obtenues à partir des résidus (peaux) des oranges et citrons utilisés en agroalimentaire.

Donc en résumé, les usages personnels des huiles essentielles ne comptent que pour 2% dans la production mondiale, et les 2 huiles les plus vendues ne sont pas les plus grosses consommatrices en eau. Ramené à l’usage thérapeutique des huiles essentielles on voit bien qu’il n’y a aucune raison d’en stigmatiser l’usage.


Par contre, concernant la partie pollution provoquée par les huiles essentielles, elle résulte principalement de l’utilisation des huiles essentielles dans les produits d’entretiens et des lessives en particulier et je n’encourage pas spécialement cette utilisation. Je suis sur ce point totalement en phase avec les articles qui dénoncent leur utilisation dans les produits d’entretien.


Il n’y a donc aucune raison de stigmatiser l’utilisation thérapeutique des huiles essentielles lorsqu’elles sont bien utilisées. Elles ont un coût écologique comme chaque chose que nous faisons, comme cultiver du café, du tabac, du coton ou autres. Et il nous appartient de le minimiser par une utilisation responsable.

Sources : https://www.franceagrimer.fr/fam/content/download/56130/document/2.2%20-%20Etude%20FAM%20March%C3%A9%20des%20HE.pdf

https://www.jardinsdefrance.org/wp-content/uploads/2018/01/JdF636_1A.pdf

https://www.gardeningknowhow.com/ornamental/trees/tea-trees/australian-tea-tree-info.htm#:~:text=Once%20the%20tree%20is%20established,fertilizer%20can%20damage%20the%20tree.

Moustiques et huiles essentielles

Nous avons la chance d’être dans un pays où les moustiques sont rarement source de problèmes sanitaires graves. Pour autant, si nous pouvions passer nos vacances d’été en évitant de leur servir de garde-manger, ce ne serait pas plus mal.

Le côté désagréable d’une piqûre de moustique n’est pas la piqûre à proprement parler, mais plutôt la démangeaison qui en résulte. Démangeaison provoquée par la salive injectée par le moustique pour empêcher la coagulation du sang afin de faciliter son repas. En effet, la trompe (ou stylet) du moustique possède deux canaux. Un par lequel il injecte la salive, un autre par lequel il aspire le sang. C’est cette injection de salive qui est à l’origine de beaucoup de maladies à travers le monde lorsque le moustique est porteur d’organisme pathogène.

Seule la femelle moustique est équipée pour nous ponctionner une ration de sang. Elle peut en prendre jusqu’à 2,5 fois son propre poids. Nous devons nous y résoudre, notre sang est une bonne source de protéines pour permettre aux oeufs de la femelle fécondée d’arriver à maturité.

Maintenant qu’on sait tout ça, comment fait-on pour soulager une piqûre de moustique ?

La première chose à savoir est que si nous n’avons pas spécialement de problème allergique avec la salive de moustique et si nous résistons à la tentation de nous gratter pendant 10 minutes, le problème va se résoudre de lui-même. Par contre, qu’il nous prenne l’envie de gratter et c’est une réaction en chaîne qui se déclenche qui peut faire perdurer la gène pendant plusieurs jours. Donc si nous n’avons rien sous la main, il est bon de penser à autre chose…

Une solution à cueillir

Si on est en pleine nature ou plus modestement qu’il y a un coin de verdure pas trop loin, il se peut qu’on puisse trouver quelques feuilles de plantain. Il en existe trois sortes (enfin un peu plus mais on va rester sur 3) :

  • Le plantain major Plantago major
  • Le plantain média Plantago media
  • Le plantain lancéolé Plantago lanceolata

Voici deux photos de plantain :

Plantain major
Plantain lancéolé

Pour revenir à nos moustiques, ces 3 plantains auront les mêmes propriétés. Si on trouve un de ces trois plantains, on en prend une feuille qu’on malaxe entre nos doigts jusqu’à en faire sortir un jus. Quand ce jus est visible, on applique la feuille malaxée sur le bouton et on trouve un moyen de la laisser sur le bouton quelques minutes avec un bandage de fortune ou en la maintenant avec la main. Pour l’avoir essayé, c’est assez efficace. Ça l’est pour les piqûres d’insectes et même les piqûres d’orties.

La solution aromatique

Bien évidemment, les huiles essentielles ont leur rôle à jouer pour soulager la douleur occasionnée par les piqûres de moustiques. Pour savoir quelles huiles utiliser, il faut regarder les propriétés dont nous avons besoin. On peut estimer que les propriétés suivantes sont intéressantes :

  • désinfectante
  • anti-inflammatoire
  • antalgique
  • calme les démangeaisons

En aromathérapie, dès qu’on parle piqûre, on pense immédiatement à l’huile essentielle de lavande aspic, Lavandula spica. Une lavande de basse altitude qu’on trouve jusqu’à maxi 600 mètres et qui tire son nom de la vipère aspic puisqu’on lui prête la propriété d’inactiver son venin.

L’huile essentielle de lavande aspic est composée majoritairement de linalol qui est un alcool monoterpénique aux propriétés anti-infectieuses intéressantes. Ce qui va être utile dans notre recherche d’une huile désinfectante. Elle contient également une quantité non négligeable de 1,8 cinéole qui est un oxyde terpénique, peu utile dans notre problématique de moustique puisque c’est plutôt une molécule respiratoire, mais on sait que le duo alcool monoterpénique/oxyde terpénique est plutôt efficace contre les infections. Enfin, l’huile essentielle de lavande aspic contient également une quantité non négligeable de camphre qui a des propriétés antiseptiques et anesthésiantes, ce qui pour le coup est intéressant dans notre cas.

La lavande aspic pourrait répondre à elle seule à nos besoins et c’est souvent ce qui se passe en cas de piqûre puisqu’on se dirige naturellement vers cette huile prête à l’emploi. Si on souhaite n’avoir qu’une huile, c’est certainement le meilleur choix.

Maintenant, si on veut améliorer la chose, on peut envisager de se faire une synergie dédiée à soulager les piqûres de moustique. Pour cela on peut associer à la lavande aspic l’eucalyptus citronné, Eucalyptus citriodora.

Pourquoi l’eucalyptus citronné ?

L’eucalyptus citronné est une huile qu’on a l’habitude de voir dans les synergies dédiées à la gestion de la douleur. Ce qui est normal puisque que c’est une huile antalgique et anti-inflammatoire. Mais elle est également très efficace pour soulager les démangeaisons. Elle apportera donc une aide efficace à la lavande aspic.

Une autre raison de faire ce choix réside dans sa forte concentration en citronellal, molécule que les moustiques n’apprécient pas du tout. Une façon de dire aux moustiques d’aller voir ailleurs puisqu’on n’a pas forcement envie de nourrir tous les moustiques du coin au cas où la femelle repue viendrait à donner l’adresse aux autres moustiques.

Pour l’utiliser rien de plus simple, on réalise une touche aromatique sur le doigt et on masse sur le bouton. La touche aromatique permet d’avoir moins d’une goutte, ce qui est largement suffisant pour un bouton.

On pourrait bien évidemment mettre d’autres huiles dans la synergie mais je reste fidèle à une démarche minimaliste qui vise à n’en utiliser qu’un minimum, et ces 2 huiles sont suffisantes.

Remarque : de part sa teneur en camphre, la lavande aspic n’est pas forcément conseillée pour les personnes enceintes, allaitantes ou en bas-âge. On peut palier ce problème en la remplaçant par la lavande fine, Lavandula angustifolia. On prendra soin également d’adapter la dilution.

Avant de passer à la partie prévention, on peut résumer ce qui vient d’être dit par le visuel suivant :

En prévention

Soulager les piqûres c’est bien, mais ne pas se faire piquer c’est mieux. Là encore, les huiles essentielles peuvent nous aider. Si les moustiques nous repèrent grâce à notre dégagement de CO2, notre dégagement de chaleur et nos phéromones, il y a des odeurs ou plutôt des molécules qu’ils n’aiment pas du tout. Parmi ces molécules, on retrouve :

  • le citronellal
  • le citronellol
  • le géraniol

Une huile essentielle contient ces 3 molécules en quantité intéressante : la citronnelle de Java, Cymbopogon citratus.

Mais attention, c’est une huile irritante pour la peau et il est donc difficile d’imaginer s’en badigeonner le corps. Son utilisation cutanée requiert qu’elle soit diluée à 20% maximum dans une huile végétale. Mais même ainsi, il est difficile d’imaginer s’en servir plusieurs fois par jours pendant les mois d’été sur des grandes surfaces du corps. Il faut la réserver aux seules parties exposées.

On pourrait être tenté de la diffuser mais c’est une huile qui peut être lacrymogène pour certaines personnes. On peut par contre en déposer quelques gouttes sur un galet poreux ou une coupelle près de soi, ou sur les vêtements si ce n’est pas en contact direct avec la peau. Malgré ces précautions d’emploi, elle reste une huile intéressante à retenir pour cet usage.

Autre solution, puisque nous avons déjà utilisé l’eucalyptus citronné pour soulager les piqûres, on peut rester sur cette huile pour se faire une synergie répulsive. Sa forte teneur en citronellal et sa plus grande facilité d’emploi par rapport à la citronnelle de Java en fait un candidat sérieux. Par contre, sa teneur en géraniol et citronellol est beaucoup plus faible. Certes, une molécule c’est déjà mieux que rien, mais si on a la possibilité de lui associer le géranium rosat, Pelargonium x asperum, qui lui est riche en géraniol et contient aussi du citronellol, ça ne pourra qu’être mieux ! Préférez la variété Bourbon du géranium qui ne contient pas de cétone contrairement à celui d’Egypte.

On peut donc tout à fait envisager une synergie combinant l’eucalyptus citronné et le géranium rosat pour repousser nos amis piqueurs. La encore on se limitera aux zones exposées. Concernant les proportions, sachant que ces 2 huiles doivent être diluées pour ne pas être irritantes pour la peau, on peut partir sur une dilution totale de 20%, soit pour une fiole de 10ml :

  • 1ml ou 30 gouttes d’eucalyptus citronné
  • 1ml ou 30 gouttes de géranium rosat
  • 8ml d’huile végétale

Rappel : le nombre de gouttes au millilitre varie selon les marques (cf. ma vidéo sur la taille des gouttes). Au besoin, le nombre de gouttes devra être adapté. On adaptera également la dilution pour les personnes fragiles, enceintes, allaitantes ou en bas-âge. Par exemple, si on utilise une marque à 30 gouttes au millilitre, on mettra entre 6 gouttes de chaque pour les plus fragiles et jusqu’à 30 gouttes de chaque pour les adultes en bonne santé.

Bien entendu, il est possible d’utiliser ces 2 huiles essentielles ou la citronnelle de Java en diffusion. Mais il faut faire attention de les diffuser sur des courtes périodes d’une dizaine de minutes par exemple.

Ces huiles peuvent être irritantes pour la peau et lacrymogènes : on veillera donc à ne pas les diffuser en présence de personnes fragiles, enceintes, allaitantes ou en bas-âge.

Comme précédemment un petit visuel de synthèse :

Les 3 eucalyptus de l’aromathérapie

La vidéo qui résume l’article est en bas de page….

Les eucalyptus forment un genre botanique qui comprend environ 800 espèces. Sur ces espèces, une quinzaine sont distillées pour donner de l’huile essentielle. Mais 3 sont particulièrement connues :

  • l’eucalyptus globulus, Eucalyptus globulus
  • l’eucalyptus radié, Eucalyptus radiata
  • l’eucalyptus citronné, Eucalyptus citriodora

Cette popularité partagée par ces trois huiles essentielles fait qu’il n’est pas rare qu’on les confonde, où qu’on ait tendance à les considérer comme similaires. Je vous propose donc une synthèse pour clarifier tout ça et comprendre leurs différences.

Un peu de botanique

Les eucalyptus appartiennent à la famille botanique des Myrtaceae. Une famille dans laquelle on rencontre beaucoup de plantes aromatiques. Ce sont des arbres originaires d’Australie qui ont la particularité d’avoir une croissance rapide et de s’adapter rapidement. Ce qui fait qu’on peut en retrouver un peu partout sur le globe maintenant. Certaines espèces peuvent être très grandes (60 à 90 mètres), d’autres peuvent être considérées comme des arbustes voire des buissons.

L’eucalyptus globulus

On l’appelle parfois le gommier bleu car ses feuilles sont recouvertes d’une pruine (sorte de couche cireuse) bleu-gris. C’est un arbre qu’on trouve principalement dans le sud de l’Australie, bien qu’il fut un temps cultivé en Afrique et en Europe pour faire de la pâte à papier. Il est tellement lié à cette région du globe qu’il a été déclaré emblème florale de la Tasmanie.

L’eucalyptus radié

Originaire des mêmes contrées que le globulus, le radié a pour sa part la particularité de dégager une odeur de menthe poivrée lorsqu’on froisse ses feuilles. C’est certainement l’eucalyptus le plus utilisé pour ses huiles essentielles.

L’eucalyptus citronné

Son nom lui vient de l’odeur qu’il dégage. Même si on continue à l’appeler eucalyptus, il fait partie des plantes qui ont changé de genre dans la nouvelle classification. Ce n’est plus un eucalyptus mais un corymbia. Il se retrouve donc avec 2 noms valides

  • Eucalyptus citriodora
  • Corymbia citriodora

Pour comprendre ces changements, il faut savoir qu’initialement la classification des végétaux reposait sur l’observation des organes reproducteurs, à savoir les fleurs. Aujourd’hui la génétique vient chambouler un peu tout ça et le rapprochement génétique prime sur la ressemblance des fleurs.

Propriétés de leurs huiles

Chacune de ses 3 huiles a ses propriétés. Et s’il est vrai que le globulus et le radié semblent proches, le citronné, en plus d’avoir changé de genre a des propriétés très différentes. On commencera donc par son huile.

L’eucalyptus citronné

C’est de sa forte teneur en aldéhydes terpéniques (60 à 70%) qu’elle va tirer ses propriétés. Pour rappel, les aldéhydes terpéniques sont des composés chimiques dont le nom fini en « al » comme les citrals et qui ont cette odeur citronnée caractéristique. Les propriétés principales des aldéhydes terpéniques sont les suivantes :

  • anti-inflammatoires
  • antalgiques
  • relaxants et apaisants
  • hypotenseurs
  • répulsifs pour insectes

On va donc trouver facilement l’eucalyptus citronné dans des synergies visant à gérer les douleurs ostéo-musculaires et les inflammations; il s’associe très bien avec la gaulthérie. Je parle de ce duo dans cette vidéo :

On le retrouvera également dans les synergies visant à réduire l’hypertension. Ce n’est d’ailleurs pas forcement à cet usage qu’on l’attend, mais il a pourtant un réel intérêt.

Un autre intérêt est qu’il peut participer à une synergie répulsive pour insectes.

On peut donc retenir 3 grands cas d’utilisation pour l’huile essentielle d’eucalyptus citronné :

  • la gestion des douleurs et inflammations
  • la réduction de l’hypertension
  • répulsif

Les eucalyptus respiratoires

L’eucalyptus globulus et l’eucalyptus radié sont classés comme respiratoires. C’est dû essentiellement à la forte teneur des deux huiles en 1,8 cinéole (oxyde terpénique appelé aussi eucalyptol ) et en monoterpènes.

Le couple oxyde terpénique/monoterpènes est clairement typé respiratoire.

Les oxydes terpéniques sont :

  • décongestionnants respiratoires
  • expectorants
  • mucolytiques
  • antiviraux
  • immunomodulants
  • toniques du système nerveux

Les monoterpènes sont quant à eux :

  • antiviraux
  • expectorants
  • antiseptiques atmosphériques
  • autres propriétés non typées respiratoires

Le couple oxydes/monoterpènes représente 80 à 95% du total dans l’eucalyptus globulus avec une contrainte, les oxydes doivent être présents à plus de 70% pour le globulus soit considéré comme médicinal.

Alors que dans le radié, le couple oxydes/monoterpènes ne représente que 70 à 80% du total.

Les deux huiles ont donc clairement un tropisme respiratoire et semblent assez facilement interchangeables. Et elles peuvent l’être dans certains cas. Mais on a coutume d’entendre que le globulus est plus pour les adultes et le radié plus adapté aux enfants. Ce n’est pas faux mais creusons un peu pour mieux comprendre.

Si on ne raisonne que sur le couple oxydes/monoterpènes, sachant qu’il est préférable de diluer les deux huiles on peut rapidement conclure que peu importe celle qu’on prend, il suffit d’adapter la dilution pour que ce soit à peu près équivalent. Dans ce cas, dire que le globulus est réservé aux adultes à cause de son fort taux d’oxyde n’a pas vraiment de sens.

Il faut donc creuser un peu plus pour comprendre leur différence. Et leur différence se situe au niveau des autres composants. Dans le globulus il y a des cétones. Et il est bon d’avoir immédiatement un réflexe de prudence vis-à-vis des personnes en bas-âge. Même si les cétones sont en très faible quantité, leur présence fait que le globulus n’est pas adapté en dessous de 12 ans.

Le radié quant à lui n’a pas de cétone, mais ce n’est pas que pour ça qu’il est adapté à partir de 3 ans. Car en plus de ne pas avoir de cétone, il possède un taux intéressant d’alcool monoterpénique qui va en adoucir l’utilisation. Et c’est la combinaison de ces deux facteurs qui rend l’utilisation du radié plus adapté aux enfants.

Petite précision, les âges limites peuvent varier d’un·e auteur·e à l’autre, ne soyez donc pas étonné·es de voir des âges différents ailleurs. On veillera quoi qu’il en soit à adapter la dilution à la personne. Pour faire simple, on peut dire que le globulus est équivalent au radié pour un adulte mais pas pour les enfants.

Autre subtilité, le globulus sera plus adapté pour traiter les voies respiratoires basses alors que le radié est plus adapté aux voies respiratoires hautes. Une subtilité qu’on n’utilise pas forcement mais il est toujours bon de le savoir.

On peut donc faire une synthèse simple des 3 eucalyptus, non pas pour retenir toutes leurs propriétés mais pour garder à l’esprit leurs différences :

Pour finir on mentionne quand même les précautions d’emploi. Les personnes asthmatiques, épileptiques, enceintes et allaitantes devront demander un avis médical avant utilisation.

Détermination de la famille botanique à partir de l’observation de la fleur

Quand on commence la botanique, il n’est pas toujours facile de déterminer la famille d’une plante. Il existe bien des flores avec des clés de déterminations, mais celles-ci ne sont pas toujours adaptées à une utilisation ludique.

Voici donc une méthode qui n’a pas la prétention d’identifier toutes les familles mais qui devrait fonctionner dans un grand nombre de cas si on peut observer la fleur.

Comme point de départ, nous allons partir du nombre de pétales. On va donc regarder si la fleur est de type 3, de type 4 ou de type 5.

Pour rappel une fleur de type X est une fleur qui a X pétales ou un nombre de pétale égal à un multiple de X. par exemple une pleur de type 3 aura 3 ou 6 pétales

Si la fleur est de type 3

  • Si elle a également 3 étamines, il y a de fortes chances qu’on soit face à une Iridaceae !
  • Si elle n’a pas 3 étamines, on va regarder si la fleur est actinomorphe ou zygomorphe :
    • si elle est zygomorphe, c’est une Orchidaceae
    • si elle est actinomorphe, il y a des chances qu’elle ait 6 étamines. Dans ce cas on va regarder si on a affaire à un ovaire super ou infer :
      • si c’est un ovaire super alors c’est une Liliaceae
      • si c’est un ovaire infer alors ce sera une Amarilydaceae

Si la fleur est de type 4

  • Si elle a 2 étamines, alors là on a bien plus que la famille on a aussi le genre, nous sommes face au genre Veronica de la famille des Scrophulariaceae.
  • Si elle a 4 étamines, alors en France ( j’insiste sur le « en France »), il y a des chances que ce soit une Rubiaceae.
  • Si elle a 6 étamines, c’est une Brassicaceae.
  • Si elle a 8 étamines, c’est une Onagraceae.
  • Si elle a beaucoup d’étamines (difficile à compter d’un seul coup d’oeil ), c’est une Papaveraceae.

Si la fleur est de type 5

  • Si l’inflorescence est en ombelle d’ombellules, nous sommes face à une Apiaceae.
  • Si l’inflorescence est en capitule et que les étamines ne sont pas vraiment visibles, alors c’est une Asteraceae.
  • Si on n’est pas dans l’un des cas ci-dessus, on regarde si la fleur est actinomorphe ou zygomorphe.

Fleur zygomorphe

  • Si la fleur est zygomorphe et que la corolle est papilionacée, on est face à la fleur typique des Fabaceae.
  • Si la fleur est zygomorphe et que la corolle est bilabiée :
    • si le fruit est un tétrakène, alors c’est une Lamiaceae
    • si le fruit est une capsule et que la fleur a 4 étamines, alors c’est une Scrophulariaceae

Fleur actinomorphe

  • Si on a 5 étamines :
    • et que la cyme est unipare scorpioïde, alors on est face à une Boraginaceae
    • sinon, on est face à une Solanaceae qui doit réunir les critères suivants :
      • les 5 étamines forment une pointe
      • les fruits sont des baies,
      • les feuilles sont alternes,
      • et on distingue 2 carpelles.
  • Si on a 10 étamines :
    • avec des fruits en bec, alors on est dans la famille des Geraniaceae
    • et une cyme bipare, il y a des chances que ce soit une Caryophilaceae
  • Si on a N étamines : c’est le cas le plus délicat 🙂 Donc on a une Fleur de type 5 > actinomorphe > à N étamines. Là c’est un peu plus compliqué car il y a pas mal de choses à regarder !
    • si on a 3 grands sépales + 2 petits et que les feuilles sont opposées, on peut penser à la famille des Cistaceae
    • si on a les étamines soudées en faisceaux et des feuilles alternes, on peut penser à la famille des Malvaceae
    • si on a des feuilles alternes sans stipules avec N carpelles, on peut penser à la famille des Renonculaceae
    • sinon, on peut penser à la famille des Rosaceae :
      • si la plante est ligneuse, on regardera si les feuilles sont bien alternes
      • si la plante est herbacée, on vérifiera qu’il y a bien un double calice

Cette méthode n’est pas infaillible, ni exhaustive, mais il s’agit juste d’une aide pour démarrer et pouvoir identifier plusieurs familles sans trop de difficulté.

Bonne découverte des plantes !

La piloselle, une bonne plante pour les reins

On a souvent tendance à confondre la piloselle avec le pissenlit, et c’est vrai qu’elles se ressemblent. Les deux appartiennent à la famille des astéracées ; les deux ont un capitule solitaire qui part d’une rosette basale ; les deux ont des fleurs exclusivement ligulées et jaunes, bref tout pour les confondre ! Heureusement leurs feuilles sont bien différentes.

C’est d’ailleurs à ses feuilles que la piloselle doit son nom. En effet, chacune de ses feuilles est recouverte de longs poils soyeux très faciles à observer à l’oeil nu. Un des nombreux autres noms de la piloselle est « oreille de rat » ou « oreille de souris ».

Mais la souris ou le rat ne sont pas les seuls animaux à inspirer le nom de cette plante. On l’appelle aussi l’épervière piloselle. On retrouve d’ailleurs l’épervier dans son ancien nom latin Hieracium pilosella. Hieracium faisant référence à Hierax en latin : terme utilisé pour désigner un petit rapace, faucon ou épervier. Le nom Hieracium pilosella est encore valide aujourd’hui, mais on lui préfère tout de même son nouveau nom scientifique, Pilosella officinarum.

Un trait intéressant de la piloselle est qu’elle émet à partir de ses racines des molécules chimiques qui empêchent les autres graines de germer. On parle d’allélopathie. Elle élimine ainsi la concurrence et peut coloniser un espace très étendu. Comme si cela ne suffisait pas, à partir de la rosette basale partent des stolons, sorte de tige rampante dont l’extrémité va s’enraciner ailleurs pour donner une nouvelle plante.

C’est à cause de ces caractéristiques qu’on n’hésite pas à classer à tort la piloselle dans les plantes envahissantes, alors qu’elle a de bonnes vertus médicinales comme nous allons le voir. C’est également une bonne plante mellifère qui participe à la sauvegarde des abeilles qui consomment son nectar.

Au niveau médicinal, la piloselle offre des propriétés intéressantes. La plus significative est sa capacité à augmenter le volume des urines en augmentant la pression osmotique dans le glomérule rénal. Elle est donc tout à fait indiquée en cas d’insuffisance rénale et de rétention d’eau. Une autre de ses propriétés est d’avoir une activité bactériostatique sur plusieurs souches de bactéries, ce qui permet de prévenir les infections urinaires par exemple.

C’est une plante qui agit également sur la sphère hépato-digestive en favorisant la production de bile par le foie. De plus, la présence de tanins lui donne des propriétés antidiarrhéique et cicatrisante intestinale.

Il est donc interessant de penser à la piloselle dès qu’on souhaite agir sur la sphère rénale, bien évidemment après avoir demandé un avis médical. L’insuffisance rénale doit être prise au sérieux. Il ne faut pas tenter d’automédication sans avoir fait poser un diagnostic précis avant.

L’huile essentielle de laurier noble

Certainement une de mes huiles préférées de par sa polyvalence, son parfum, ses propriétés. Elle fait partie des huiles que je qualifie d’indispensables dans une trousse d’aromathérapie.

Le laurier noble, Laurus nobilis en latin, est un arbre de la famille des lauracées, poussant en général sur les pourtours du bassin méditerranéen. Il fait partie de ces arbres qui ont une histoire mythologique puisqu’on raconte que le laurier noble n’est rien d’autre que la nymphe Daphnée, fille du dieu du fleuve Pennée. En effet fuyant Apollon, Daphnée fut changée en arbre par son père. Apollon en fit donc son arbre fétiche consacré aux triomphes, aux chants et à la poésie.

On comprend mieux de fait la couronne de laurier, indissociable du succès. Et c’est toujours du laurier noble que le diplôme du baccalauréat tire son nom, puisqu’il veut dire « baie de laurier ».

Mais revenons aux propriétés de son huile essentielle. On peut globalement retenir les 6 grandes propriétés suivantes :

propriétés du laurier noble

Bien sûr il a d’autres propriétés, mais il est intéressant de pouvoir retenir les grands axes thérapeutiques d’une huile essentielle et comme je le précise souvent, quand on en comprend les grand axes, il est facile de déduire les autres propriétés.

Pour choisir une bonne huile de laurier noble, il est préférable de s’assurer qu’elle respecte quelques critères au niveau de sa composition, ou bien acheter auprès d’une marque qui garantie toujours la qualité médicinale de ses huiles. Ne pas négliger la zone de production car c’est vraiment autour du bassin méditerranéen qu’on peut produire une huile de qualité. La chimie d’une plante dépend grandement du biotope et du climat dans lequel elle pousse. Les huiles de laurier noble produites autour du bassin méditerranéen offrent une composition chimique équilibrée.

Globalement, pour qu’une huile de laurier noble soit considérée comme médicinale, on attend que sa composition respecte à minima les critères suivants :

C’est une huile relativement sûre d’emploi dans la mesure où sa DL50 est élevée. Pour rappel, la DL50 permet d’évaluer la toxicité d’un produit. Sa sûreté d’emploi fait qu’elle a peu de contre-indications. Les personnes allergiques prendront quand même soin de faire un petit test cutané avant. Les personnes enceintes ou allaitantes pourront l’utiliser en dilution après avoir demandé un avis médical.

Si vous n’êtes pas habitué·es à cette huile n’hésitez pas à la découvrir, elle en vaut vraiment le coup !

L’huile essentielle de menthe poivrée et ses 4 grands axes d’utilisation

Certainement une des huiles essentielles les plus utilisées en aromathérapie, la menthe poivrée mérite largement de faire partie de notre trousse d’aromathérapie.

Dans cette vidéo je vous présente 4 grands axes thérapeutiques. Elle peut bien sûr faire plus, mais comme à mon habitude, je préfère procéder par étape, utiliser les 4 grands axes pour comprendre comment elle fonctionne, ce qui aide ensuite à comprendre son champ d’action bien plus vaste. Les 4 grands axes dans lesquelles elle est très pertinente sont:

  • La spère hépato-digestive
  • Les infections
  • La gestion de la douleur et de l’inflammation
  • Le psychisme

La menthe poivrée est une plante de la famille des lamiacées, une famille qui contient beaucoup de plantes aromatiques comme la lavande, le thym, le lierre terrestre, la sauge et bien d’autres. Elle est obtenue par croisement de la menthe aquatique et de la menthe verte. C’est donc une plante hybride dont les graines sont stériles. Son nom latin est Mentha x piperita, le « x » signifiant que c’est une plante hybride.

Elle fait partie des plantes intéressantes aussi bien en tisane qu’en huile essentielle. Dans la vidéo jointe à l’article je n’aborde que la partie huile essentielle mais n’oublions jamais qu’elle offre pas mal de vertus en tisanes également.

Pour bien la choisir il est important de s’assurer de sa bonne composition chimique. Pour qu’elle soit de qualité thérapeutique il est important de s’assurer que sa composition respecte les critères suivants :

  • Monoterpenols : menthol (au minimum 30 %, beaucoup des propriétés dépendent de sa présence)
  • Monoterpenes : limonène (environ 2%)
  • Esters : acétate de menthyle (jusqu’à 20%, la présence d’ester ne doit pas être trop petite, si on peut se satisfaire d’un taux à 3% il est préférable d’en avoir plus)
  • Oxydes : 1,8 cinéole (environ 5%)
  • Cétones : menthone (entre 15 et 30 %) , pulégone (maxi 3%), isomenthone

Les propriétés du jus de citron et de son huile essentielle

Une vidéo pour découvrir ou redécouvrir les propriétés thérapeutiques du citron, que ce soient les propriétés de son jus ou de son huile essentielle. Pour être précis, ce n’est pas une huile essentielle mais une essence, car elle est obtenue par expression à froid de son zeste et non par distillation comme pour les huiles essentielles. Néanmoins comme on la trouve au rayon des huiles essentielles avec le même packaging, on a pris l’habitude de cet abus de langage et de parler de l’huile essentielle de citron.

Elle a de bonnes propriétés pour la sphère digestive et hépatique. Elle permet également lorsqu’elle est utilisée en diffusion d’assainir une pièce afin de prévenir les maladies d’hiver. Puisque c’est d’actualité, elle peut également être utilisée en prévention contre le coronavirus en assainissant l’air ambiant.

Le citron a fait l’objet de nombreuses études, en voici quelques unes :