Moustiques et huiles essentielles

Nous avons la chance d’être dans un pays où les moustiques sont rarement source de problèmes sanitaires graves. Pour autant, si nous pouvions passer nos vacances d’été en évitant de leur servir de garde-manger, ce ne serait pas plus mal.

Le côté désagréable d’une piqûre de moustique n’est pas la piqûre à proprement parler, mais plutôt la démangeaison qui en résulte. Démangeaison provoquée par la salive injectée par le moustique pour empêcher la coagulation du sang afin de faciliter son repas. En effet, la trompe (ou stylet) du moustique possède deux canaux. Un par lequel il injecte la salive, un autre par lequel il aspire le sang. C’est cette injection de salive qui est à l’origine de beaucoup de maladies à travers le monde lorsque le moustique est porteur d’organisme pathogène.

Seule la femelle moustique est équipée pour nous ponctionner une ration de sang. Elle peut en prendre jusqu’à 2,5 fois son propre poids. Nous devons nous y résoudre, notre sang est une bonne source de protéines pour permettre aux oeufs de la femelle fécondée d’arriver à maturité.

Maintenant qu’on sait tout ça, comment fait-on pour soulager une piqûre de moustique ?

La première chose à savoir est que si nous n’avons pas spécialement de problème allergique avec la salive de moustique et si nous résistons à la tentation de nous gratter pendant 10 minutes, le problème va se résoudre de lui-même. Par contre, qu’il nous prenne l’envie de gratter et c’est une réaction en chaîne qui se déclenche qui peut faire perdurer la gène pendant plusieurs jours. Donc si nous n’avons rien sous la main, il est bon de penser à autre chose…

Une solution à cueillir

Si on est en pleine nature ou plus modestement qu’il y a un coin de verdure pas trop loin, il se peut qu’on puisse trouver quelques feuilles de plantain. Il en existe trois sortes (enfin un peu plus mais on va rester sur 3) :

  • Le plantain major Plantago major
  • Le plantain média Plantago media
  • Le plantain lancéolé Plantago lanceolata

Voici deux photos de plantain :

Plantain major
Plantain lancéolé

Pour revenir à nos moustiques, ces 3 plantains auront les mêmes propriétés. Si on trouve un de ces trois plantains, on en prend une feuille qu’on malaxe entre nos doigts jusqu’à en faire sortir un jus. Quand ce jus est visible, on applique la feuille malaxée sur le bouton et on trouve un moyen de la laisser sur le bouton quelques minutes avec un bandage de fortune ou en la maintenant avec la main. Pour l’avoir essayé, c’est assez efficace. Ça l’est pour les piqûres d’insectes et même les piqûres d’orties.

La solution aromatique

Bien évidemment, les huiles essentielles ont leur rôle à jouer pour soulager la douleur occasionnée par les piqûres de moustiques. Pour savoir quelles huiles utiliser, il faut regarder les propriétés dont nous avons besoin. On peut estimer que les propriétés suivantes sont intéressantes :

  • désinfectante
  • anti-inflammatoire
  • antalgique
  • calme les démangeaisons

En aromathérapie, dès qu’on parle piqûre, on pense immédiatement à l’huile essentielle de lavande aspic, Lavandula spica. Une lavande de basse altitude qu’on trouve jusqu’à maxi 600 mètres et qui tire son nom de la vipère aspic puisqu’on lui prête la propriété d’inactiver son venin.

L’huile essentielle de lavande aspic est composée majoritairement de linalol qui est un alcool monoterpénique aux propriétés anti-infectieuses intéressantes. Ce qui va être utile dans notre recherche d’une huile désinfectante. Elle contient également une quantité non négligeable de 1,8 cinéole qui est un oxyde terpénique, peu utile dans notre problématique de moustique puisque c’est plutôt une molécule respiratoire, mais on sait que le duo alcool monoterpénique/oxyde terpénique est plutôt efficace contre les infections. Enfin, l’huile essentielle de lavande aspic contient également une quantité non négligeable de camphre qui a des propriétés antiseptiques et anesthésiantes, ce qui pour le coup est intéressant dans notre cas.

La lavande aspic pourrait répondre à elle seule à nos besoins et c’est souvent ce qui se passe en cas de piqûre puisqu’on se dirige naturellement vers cette huile prête à l’emploi. Si on souhaite n’avoir qu’une huile, c’est certainement le meilleur choix.

Maintenant, si on veut améliorer la chose, on peut envisager de se faire une synergie dédiée à soulager les piqûres de moustique. Pour cela on peut associer à la lavande aspic l’eucalyptus citronné, Eucalyptus citriodora.

Pourquoi l’eucalyptus citronné ?

L’eucalyptus citronné est une huile qu’on a l’habitude de voir dans les synergies dédiées à la gestion de la douleur. Ce qui est normal puisque que c’est une huile antalgique et anti-inflammatoire. Mais elle est également très efficace pour soulager les démangeaisons. Elle apportera donc une aide efficace à la lavande aspic.

Une autre raison de faire ce choix réside dans sa forte concentration en citronellal, molécule que les moustiques n’apprécient pas du tout. Une façon de dire aux moustiques d’aller voir ailleurs puisqu’on n’a pas forcement envie de nourrir tous les moustiques du coin au cas où la femelle repue viendrait à donner l’adresse aux autres moustiques.

Pour l’utiliser rien de plus simple, on réalise une touche aromatique sur le doigt et on masse sur le bouton. La touche aromatique permet d’avoir moins d’une goutte, ce qui est largement suffisant pour un bouton.

On pourrait bien évidemment mettre d’autres huiles dans la synergie mais je reste fidèle à une démarche minimaliste qui vise à n’en utiliser qu’un minimum, et ces 2 huiles sont suffisantes.

Remarque : de part sa teneur en camphre, la lavande aspic n’est pas forcément conseillée pour les personnes enceintes, allaitantes ou en bas-âge. On peut palier ce problème en la remplaçant par la lavande fine, Lavandula angustifolia. On prendra soin également d’adapter la dilution.

Avant de passer à la partie prévention, on peut résumer ce qui vient d’être dit par le visuel suivant :

En prévention

Soulager les piqûres c’est bien, mais ne pas se faire piquer c’est mieux. Là encore, les huiles essentielles peuvent nous aider. Si les moustiques nous repèrent grâce à notre dégagement de CO2, notre dégagement de chaleur et nos phéromones, il y a des odeurs ou plutôt des molécules qu’ils n’aiment pas du tout. Parmi ces molécules, on retrouve :

  • le citronellal
  • le citronellol
  • le géraniol

Une huile essentielle contient ces 3 molécules en quantité intéressante : la citronnelle de Java, Cymbopogon citratus.

Mais attention, c’est une huile irritante pour la peau et il est donc difficile d’imaginer s’en badigeonner le corps. Son utilisation cutanée requiert qu’elle soit diluée à 20% maximum dans une huile végétale. Mais même ainsi, il est difficile d’imaginer s’en servir plusieurs fois par jours pendant les mois d’été sur des grandes surfaces du corps. Il faut la réserver aux seules parties exposées.

On pourrait être tenté de la diffuser mais c’est une huile qui peut être lacrymogène pour certaines personnes. On peut par contre en déposer quelques gouttes sur un galet poreux ou une coupelle près de soi, ou sur les vêtements si ce n’est pas en contact direct avec la peau. Malgré ces précautions d’emploi, elle reste une huile intéressante à retenir pour cet usage.

Autre solution, puisque nous avons déjà utilisé l’eucalyptus citronné pour soulager les piqûres, on peut rester sur cette huile pour se faire une synergie répulsive. Sa forte teneur en citronellal et sa plus grande facilité d’emploi par rapport à la citronnelle de Java en fait un candidat sérieux. Par contre, sa teneur en géraniol et citronellol est beaucoup plus faible. Certes, une molécule c’est déjà mieux que rien, mais si on a la possibilité de lui associer le géranium rosat, Pelargonium x asperum, qui lui est riche en géraniol et contient aussi du citronellol, ça ne pourra qu’être mieux ! Préférez la variété Bourbon du géranium qui ne contient pas de cétone contrairement à celui d’Egypte.

On peut donc tout à fait envisager une synergie combinant l’eucalyptus citronné et le géranium rosat pour repousser nos amis piqueurs. La encore on se limitera aux zones exposées. Concernant les proportions, sachant que ces 2 huiles doivent être diluées pour ne pas être irritantes pour la peau, on peut partir sur une dilution totale de 20%, soit pour une fiole de 10ml :

  • 1ml ou 30 gouttes d’eucalyptus citronné
  • 1ml ou 30 gouttes de géranium rosat
  • 8ml d’huile végétale

Rappel : le nombre de gouttes au millilitre varie selon les marques (cf. ma vidéo sur la taille des gouttes). Au besoin, le nombre de gouttes devra être adapté. On adaptera également la dilution pour les personnes fragiles, enceintes, allaitantes ou en bas-âge. Par exemple, si on utilise une marque à 30 gouttes au millilitre, on mettra entre 6 gouttes de chaque pour les plus fragiles et jusqu’à 30 gouttes de chaque pour les adultes en bonne santé.

Bien entendu, il est possible d’utiliser ces 2 huiles essentielles ou la citronnelle de Java en diffusion. Mais il faut faire attention de les diffuser sur des courtes périodes d’une dizaine de minutes par exemple.

Ces huiles peuvent être irritantes pour la peau et lacrymogènes : on veillera donc à ne pas les diffuser en présence de personnes fragiles, enceintes, allaitantes ou en bas-âge.

Comme précédemment un petit visuel de synthèse :

Publié par PhytoGenfi

Formé à l'école des plantes de Paris, j'ai à coeur de transmettre la passion et le savoir des plantes médicinales. C'est l'objet de mon site

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