En finir avec les cystites à répétition

Bien que le choix soit plus vaste, deux plantes de la famille botanique des Ericaceae sont remarquablement efficaces pour lutter contre les infections touchant les voies urinaires. La bruyère, Calluna vulgaris, et la busserole, Arctostaphylos uva-ursi. Deux plantes qui lorsqu’on les combine gagnent en efficacité. Cette propriété commune est notamment due à la présence d’une molécule appelée l’arbutoside, qui subira plusieurs transformations chimiques lors de son passage par l’intestin, le foie et les reins. Transformations qui aboutiront à une molécule appellée l’hydroquinone, relativement proche des phénols ayant de bonnes propriétés antiseptiques. Cette molécule sera évacuée par les reins et pourra ainsi nettoyer au passage toutes les voies urinaires des bactéries pathogènes.

Cette molécule n’agit pas seule, elle agit en synergie avec les autres molécules de la busserole et celles de la bruyère pour combattre plusieurs souches bactériennes responsables des cystites. De plus, certaines molécules vont également directement agir sur la reconstruction et la cicatrisation de la muqueuse urinaire.

L’association des deux plantes effectue un vrai travail sur le terrain pour le rendre moins propice aux infections. À ces deux plantes, j’ai pour habitude d’en ajouter une troisième, l’ortie, Urtica dioica. Elle renforcera le coté anti-inflammatoire, soutiendra le travail des reins et apportera un effet reminéralisant. Ces 3 plantes forment vraiment la base de la formule. On peut y associer d’autres plantes, mais elles seront spécifiques à chaque personne. Retenez simplement que la formule de base pour prévenir des cystites à répétition est la suivante :

  • La bruyère, Calluna vulgaris. On utilisera la sommité fleurie. 100gr.
  • La busserolle, Arctostaphylos uva-ursi. On utilisera la feuille. 50gr.
  • L’ortie, Urtica dioica. On utilisera la feuille. 50gr.

La plante principale de cette synergie est la bruyère car elle est très sûre d’emploi et n’a pas vraiment de contre indication. Je lui associe la busserole qui est plus riche en arbutoside, ce qui va renfoncer le côté anti-infectieux. Par contre la busserole ne peut pas être utilisée de manière continue. C’est important de le souligner. On associe les deux au départ pour bénéficier de leur synergie, mais sur un temps limité.

Important : si vous prenez un traitement à base d’anti-inflamatoire non stéroidien, il faudra enlever la busserole du mélange pour éviter les problèmes gastro-intestinaux dûs à l’interaction médicamenteuse de la busserole.

Comment utiliser le mélange ?

Pour être efficace, il est recommandé d’en boire au minimum un demi-litre par jour. Mais un litre c’est mieux. Préparez la tisane avec une cuillère à soupe du mélange pour un demi litre d’eau. Laisse-la ensuite infuser 10 à 15 minutes à couvert.

Cette cure d’un mois est vraiment nécessaire pour stabiliser le terrain, bien nettoyer les voies uriniaires et permettre à la muqueuse urinaire de cicatriser. On agit en douceur sur la durée. Après cette cure, on peut se contenter d’une tisane de temps en temps ou continuer la cure une semaine par mois. On prendra soin d’enlever la busserole pour rester sur l’association de la bruyère avec l’ortie. Dans la majorité des cas le risque de rechute est rare mais au moindre signe d’alerte on peut repartir sur un demi-litre à un litre par jour jusqu’à disparition des symptômes . Si crise il y a, elle sera de faible amplitude.

Ce protocole peut paraître un peu contraignant, mais pour l’avoir conseillé à plusieurs personnes qui souffraient de cystites à répétition, les retours ont toujours été très positifs. Et quand on souffre de ces infections à répétition, boire régulièrement de la tisane est plutôt une solution simple.

Le système urinaire se met au repos la nuit, il est donc préférable lorsqu’on boit un demi-litre à un litre de tisane par jour, de le faire du matin jusqu’en milieu d’après-midi pour ne pas avoir à se lever pendant la nuit. Un détail qu’on a tendance à trop souvent oublier. Si on boit une tasse de tisane le soir passe encore, mais il est préférable d’éviter de tout boire en fin d’après-midi.

Pour aller un peu plus loin

La busserole

Ce sont les peuples nordiques qui exploitent la busserole pour ses vertus thérapeutiques depuis longtemps, usage qui finit par se répandre en Europe. Bien qu’elle ait plusieurs propriétés, son efficacité comme antiseptique des voies urinaires reste l’usage le plus répandu. C’est un arbrisseau aux feuilles persistantes qu’on retrouve généralement en regroupement très dense. Sa richesse en tanins fait qu’elle a longtemps été utilisée dans le tannage des peaux. On l’appelle également « raisin d’ours » à cause de ses fruits rouges très prisés par les ours. Son nom busserole trouve son origine en Provence où sa ressemblance avec le buis le fait appeler bouisserolo, qui veut dire buis.

La bruyère

Son usage dépasse le cadre médicinal car ses racines étaient utilisées pour confectionner des pipes et les ramures étaient utilisées en Bretagne pour les toits de chaume. La « terre de bruyère » – terre dans laquelle se décompose la bruyère – est utilisée par les jardiniers pour les cultures. On récolte les grappes fleuries au début de leur épanouissement.

Publié par PhytoGenfi

Formé à l'école des plantes de Paris, j'ai à coeur de transmettre la passion et le savoir des plantes médicinales. C'est l'objet de mon site

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