Doit-on manager par le stress ?

Depuis que les études sur le stress ont montré qu’à une certain dose il pouvait être un allié, l’idée de l’utiliser dans le management n’a pas tardé à voir le jour. Mais est-ce vraiment pertinent ?

L’ambiguïté du stress

Qu’est-ce que le stress ?

Le stress est avant tout une réponse physiologique qui nous permet de réagir face à une situation que nous avons perçue comme menaçante voire dangereuse. Et pour réagir nous devons disposer de ressources physiques et mentales. Et si nous n’avons pas de gourde contenant une potion magique capable de nous donner une force surhumaine, nous avons par contre des hormones qui peuvent jouer ce rôle. Des hormones qui lorsqu’elles sont présentes dans le corps permettent à nos muscles de disposer de plus d’énergie et améliorent également nos facultés mentales. Il faut réfléchir vite et agir vite.

Stress vs performance

Face à ce constat sur le gain de performances que nous apporte cette libération d’hormones, on s’est mis à étudier le stress. On a eu envie de voir s’il y avait un rapport entre l’intensité du stress et le gain en performance. Et pour ce faire, on part du principe que l’intensité du stress est l’image de la concentration des hormones de stress dans le corps. On peut donc faire un graphe qui relie la quantité d’hormones du stress présentes dans le corps à la performance. On obtient la courbe suivante :

Cette courbe montre qu’une quantité modérée des hormones de stress apporte un gain de performances et qu’une quantité supérieure à un seuil nous fait perdre la performance gagnée.

Le point de résistance

Ce point à partir duquel tout bascule a été baptisé le point de résistance. En gros, on pourrait dire que jusqu’à ce point, on est capable de résister, on vit donc la chose comme un défi ou un challenge. Après ce point, on perd nos moyens et c’est là que commence véritablement le stress.

Hormones de stress ou d’action ?

Comme l’axe de X de la courbe représente la quantité d’hormones de stress dans le corps, on pourrait se dire qu’un stress modéré est plutôt bénéfique (partie verte de la courbe) alors qu’un stress dépassant le point de résistance (partie rouge de la courbe) devient mauvais. On simplifie en disant qu’avant le point de résistance c’est du bon stress, et qu’après le point de résistance c’est du mauvais stress. Puisque la partie rouge a été baptisée STRESS, la partie verte est baptisée EUSTRESS qu’on traduit par bon stress puisque « eu » veut dire « bon » en grec.

Mais peut-on vraiment parler de stress quand tout va bien ? Pour marcher, faire du sport, ou se faire plaisir d’une manière ou d’une autre, nous avons besoin de ces hormones pour que notre corps et notre mental puissent être performants. Au final, ce qu’on appelle « hormones de stress » ne sont en fait que des hormones d’action qui nous permettent tout simplement d’agir et penser. Le problème vient quand une situation de danger réclame toute nos ressources pour qu’on puisse se protéger. Loin d’être vécue comme un challenge ou un défi, la situation est perçue et vécue comme stressante. Et ce qu’on appelle « stress » correspond à une situation où notre taux d’hormones d’action dans le corps est au delà d’un certain seuil (point de résistance) et qui s’accompagne d’émotions comme la peur, la colère ou toutes autres émotions négatives.

À l’image de la température qui lorsqu’elle est physiologique nous fait du bien alors qu’elle nous brûle voire nous tue si elle dépasse un certain seuil, les hormones d’actions engendrent deux types de sensations, bonne ou mauvaise suivant leur intensité.

Et c’est bien ça qui rend le stress ambigu ! Considérer que les hormones d’action sont les hormones du stress nous conduit à affirmer qu’on doit vivre en permanence dans le stress. Et dans le cadre professionnel, si une personne se sent stressée on n’hésitera pas à lui dire que c’est normal, qu’il faut un peu de stress pour être efficace. Or si la personne éprouve un malaise dans ce qu’elle est en train de vivre, c’est qu’elle est du mauvais côté de la courbe.

Il ne doit donc pas y avoir du bon stress et du mauvais stress, soit il y a du stress, soit il n’y en a pas !

Quand le management s’empare du stress

Quand le management et les services de qualité de vie au travail s’emparent de la courbe du stress, ils le font en remplaçant l’intitulé de l’axe de X « quantité d’hormones de stress dans le corps » par « niveau de stress« .

Loin d’être anodin, ce changement rend la notion de stress un peu plus ambiguë ! Lorsqu’on parle de quantité d’hormones du stress (ou d’action) dans le corps, on se réfère explicitement à la personne et à son ressenti. Lorsqu’on remplace par « niveau de stress » ça peut tout aussi bien représenter le niveau de stress ressentie par la personne que le niveau de stress apporté par une situation, par exemple une charge de travail.

Mais ce n’est pas le seul changement apporté à cette courbe ! On va jusqu’à la diviser en 4.

  • Une première partie dans laquelle on estime qu’une personne va forcément s’ennuyer s’il elle ne reçoit pas assez de stress
  • Une deuxième partie qu’on estimera être la zone optimale pour être productif
  • Une troisième partie dans laquelle on estime que le stress est contre-productif
  • une quatrième partie qui souligne le risque de burn-out !

Malheureusement rien ne va dans cette interprétation de la courbe !

On n’oscille pas autour du point de résistance !

Une des plus mauvaises interprétations qui résulte de ce découpage c’est d’imaginer que pour être au top de la performance, il suffit d’osciller autour du point de résistance.

Si vous cherchez « qu’est-ce que le bon stress » sur Google, et que vous cliquez sur « images », vous verrez un nombre impressionnant de graphiques qui expliquent que la meilleure performance s’obtient en oscillant autour du point de résistance.

Pourquoi c’est faux

Avoir changé l’intitulé de l’axe des X par « niveau de stress » au lieu « quantité d’hormones de stress » masque une réalité. Il faut un certain temps pour que les hormones produites soient évacuées par l’organisme. Comme on dit souvent, il faut 5h pour évacuer 5mn de colère. Si les chiffres sont approximatifs, ils ont le mérite de montrer qu’on ne redescend pas instantanément.

Ce qui caractérise la partie droite de la courbe c’est qu’on ne s’y sent pas bien. C’est un état qui s’accompagne d’un état émotionnel négatif, on ressent des choses comme la peur, la colère, le ressentiment, etc. Or si vous vous rappelez ma vidéo sur l’approche systémique, j’y expliquais que notre état émotionnel « s’incarne » en nous via le triptyque système hormonal, système nerveux et système immunitaire.

Ce qui veut dire qu’en plus du fait que les hormones du stress vont mettre du temps à redescendre, notre état émotionnel va en produire d’avantage. C’est la raison principale pour laquelle on ne peut pas osciller autour du point de résistance. C’est une mauvaise utilisation et interprétation de la courbe du stress qui est totalement décorrélée de la notion de temps. C’est également la raison pour laquelle le burn-out n’a rien à faire sur cette courbe, car le burn-out s’inscrit dans le temps (Voir ma vidéo sur le burn-out). Faire apparaitre l’ennui est tout aussi discutable car on sait aujourd’hui qu’il est important d’être confronté à l’ennui une partie de son temps pour developper sa créativité. Ce qui est incompatible avec un management qui exige une performance optimale sur 8h…

Non seulement ça n’a pas de sens de vouloir osciller autour du point de résistance, mais en plus ça n’a pas de sens non plus de faire aller la zone optimale jusqu’à ce point ! Pour la simple et bonne raison qu’en contexte professionnel, il est important de pouvoir réagir de manière optimale à une urgence, un aléas, un imprévu. Si on est déjà au point de résistance pour avoir le niveau de performance le plus élevé en permanence, ce qui est par nature épuisant, le moindre imprévu nous fait passer en mode stress.

Il est plus pertinent de rester à distance raisonnable du point de résistance pour en avoir sous le pied si jamais une urgence se présente. C’est-à-dire une situation qui peut être stressante mais temporaire. Nous vivons dans une société dans laquelle les changements et imprévus sont nombreux, ce qui demande une certaine agilité mentale qui n’est possible que lorsqu’on ne passe pas son temps en zone rouge.

L’intérêt de la courbe du stress

Le seul véritable intérêt de la courbe du stress c’est de comprendre qu’une personne ne sera efficace que si son niveau de stress matérialisé par la quantité d’hormones de stress qu’elle sécrète reste dans une plage de variation qu’elle peut gérer. Et comme il s’agit de son niveau de stress à elle, il dépendra autant des facteurs professionnels que des facteurs personnels et sociétaux.

Mais le plus important, c’est de ne pas chercher le niveau de stress adapté pour la manager mais plutôt revenir à la définition première de la partie gauche de la courbe : faire en sorte que la personne se sente dans un état mental de challenge et de défi. Et pour ça il y a plus intéressant de la courbe de stress qui est surtout un garde-fou.

Et si on veut vraiment garder la notion de bon et mauvais stress, dans ce cas il faut garder à l’esprit qui si le bon stress n’est pas toujours suivi du mauvais, le mauvais est toujours précédé du bon …

Qu’est-ce que le flow ?

Le flow est un état de concentration sans effort, sans stress, dans lequel on perd même la notion de temps. On est comme absorbé par la tâche qu’on est en train de réaliser et c’est rechercher cet état qui serait certainement le plus utile dans le monde du travail.

On entre dans cet état car notre degré de compétence nous fait dire que la réussite du challenge dans lequel on se lance est atteignable. Qu’on pourra avoir la satisfaction de la réussite. Ce qui augmente la motivation et l’engagement. C’est la raison pour laquelle quand on parle de flow on voir principalement ces deux types de courbes :

Ce que permet la recherche du flow

Rechercher l’état de flow plutôt que de tenter d’évaluer le niveau de stress ouvre des perspectives plus intéressantes dans le management. Ça permet de s’attaquer aux causes qui empêchent l’atteinte de cet état quand l’adéquation entre les compétences et le niveau de défi sont compatibles. Comme par exemple un trop grand nombre d’interruptions, une mauvaise utilisation des outils de communications synchrones et asynchrones, des problèmes liés au capital d’attention ou à la surcharge cognitive qui fait que notre cerveau ne peut pas être dans son état de fonctionnement optimal. Sans oublier le management toxique, le manque de reconnaissance, le manque d’équité, etc.

Travailler sur l’état de flow plutôt que sur le stress est un challenge bien plus motivant pour le management. Comprendre le cerveau plutôt que de chercher à le soumettre permet d’obtenir un meilleur engagement de ses équipes.

La zoopharmacognosie ou quand les animaux enseignent aux humains

Saviez-vous que l’éléphant est capable de faire des tisanes pour se soigner ? Dans cette vidéo je vous présente quelques cas où ce sont les animaux qui nous ont appris à utiliser certaines plantes.

Qu’est-ce que la zoopharmacognosie ?

La zoopharmacognosie, c’est l’étude des comportements d’automédication des animaux sauvages.

Quelques références sur le sujet

Folklore, Animal Self-Medication, and Phytotherapy–Something Old, Something New, Something Borrowed, Some Things True
https://www.thieme-connect.de/products/ejournals/html/10.1055/a-1586-1665

Self-medication in nonhuman primates: A systematic evaluation of the possible function of the use of medicinal plants
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36193566/

Zoopharmacology: A Way to Discover New Cancer Treatments
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7356688/

Ouvrages

L’homme et l’animal, l’invention d’un nouveau lien. CNRS
https://www.inee.cnrs.fr/fr/lhomme-et-lanimal

Les cerveaux de la ferme
https://www.fnac.com/a14019335/Sebastien-Moro-Les-cerveaux-de-la-ferme

Fenêtre thérapeutique vs pause thérapeutique

C’est une confusion fréquente dans la pratique de la phyto-aromathérapie mais également dans la thématique du soin en général. Pourtant pause ou fenêtre thérapeutique sont deux notions très différentes.

Qu’est-ce qu’une pause thérapeutique ?

Une pause thérapeutique concerne les traitements ou cures qui peuvent durer plusieurs semaines. L’idée est par exemple de prendre une certaine tisane pendant 3 semaines, puis faire une pause d’une semaine, puis recommencer en alternant 3 semaines de prise et 1 semaine de pause.

La pause est nécessaire pour permettre à l’organisme d’éliminer les principes actifs que les plantes ou les médicaments apportent à l’organisme afin d’éviter la toxicité par accumulation.

Qu’est-ce qu’une fenêtre thérapeutique ?

La notion de fenêtre thérapeutique, quant à elle, se réfère à la dose de principes actifs amenée par un médicament ou une forme galénique de la phytothérapie. Chaque personne ne réagit pas de la même manière à une dose de principe actif. On peut dire que pour chaque principe actif, une personne aura une dose à partir de laquelle le principe actif aura une activité thérapeutique, et une dose à partir de laquelle le principe actif aura une toxicité. Comme chaque personne aura des seuils différents, il est important de regarder l’effet du principe actif sur une population suffisamment grande et représentative pour connaitre les doses à administrer.

On regarde donc le taux d’efficacité du principe actif en fonction de la dose, et le taux de toxicité en fonction de la dose. La fenêtre thérapeutique d’un principe actif, c’est l’écart qu’il y a entre la dose qui permet de soigner 50% de la population et la dose qui est toxique pour 50% de la population. Tout est expliqué en image dans la vidéo ! Cependant on peut représenter la fenêtre thérapeutique qu’on appelle marge thérapeutique de la façon suivante :

Néanmoins on peut donner une autre définition à la fenêtre thérapeutique : cette fois-ci non pas en raisonnant sur une population donnée, mais en regardant la concentration plasmatique du principe actif. Après la prise d’un principe actif, on a d’abord un pic de concentration plasmatique, puis petit à petit notre organisme élimine le principe actif. La fenêtre thérapeutique peut être vue comme la zone délimitée par le seuil en dessous duquel le principe actif n’a aucune efficacité, et le seuil au dessus duquel la concentration plasmatique devient toxique.

Cette représentation permet de comprendre pourquoi il faut espacer la prise de médicament par exemple. Car si les deux prises sont trop rapprochées, on peut se retrouver dans le cas de figure suivant :

Et finalement cela nous permet également de mieux comprendre la notion de pause thérapeutique puisqu’au début on parlait d’accumulation dans l’organisme : faire des pauses régulières permet de contrôler la concentration plasmatique des principes actifs que nous apportons par les tisanes ou les huiles essentielles.

Contrôler l’appétit par l’aromathérapie

C’est une question qui m’est fréquemment posée. Comme c’est un sujet complexe, j’ai pris le temps de le traiter dans une vidéo et un article pour en permettre une meilleure compréhension.

Pour pouvoir comprendre les solutions utilisées en aromathérapie il faut d’abord comprendre ce qui se passe dans notre corps quand on ressent la faim ou la satiété. Et en premier lieu comprendre pourquoi on mange.

Pourquoi mange-t-on ?

Cette question peut paraître anodine mais y répondre permet de mieux cerner le problème. Nous mangeons pour deux raisons :

  • Assurer un apport énergétique
  • Assurer un apport de nutriments indispensables au métabolisme

Le métabolisme est l’ensemble des réactions chimiques qui se passent dans notre corps pour nous maintenir en vie. Ce qui sous-entend qu’il y a un niveau minimal à garantir au corps pour assurer les fonctions nécessaires à la vie. On parle de métabolisme basal. Bien évidemment plus notre activité physique augmente, plus nos besoins en énergie augmentent.

C’est ce métabolisme basal qui explique pourquoi la restriction alimentaire n’est pas un moyen efficace pour perdre du poids. En effet, dès qu’on réduit les apports énergétiques, le premier réflexe n’est pas d’aller puiser dans les réserves de graisse mais plutôt de ralentir le métabolisme. Ce mécanisme a notamment été mis en évidence par une étude (EFFECT OF CALORIC RESTRICTION ON ENERGY EXPENDITURE IN OBESE PATIENTS, Bray, 1969) qui mesure le niveau de métabolisme basal ainsi que la perte de poids pendant une restriction calorique de 87% pendant 3 semaines.

Quel est le carburant du corps ?

Pour fonctionner nos centrales énergétiques cellulaires ont besoin de glucose. Mais ce glucose ne peut pas être directement absorbé par les cellules. Pour être absorbé, le glucose a besoin d’une hormone produite par le pancréas, l’insuline. Seuls les neurones n’ont pas besoin d’insuline pour absorber du glucose. Ce qui est plutôt une bonne chose car ça veut dire que nos neurones peuvent continuer à fonctionner même en cas de baisse d’insuline.

Puisque le glucose est le carburant du corps humain, on pourrait imaginer que la sensation de faim arrive quand le niveau de glucose dans le sang arrive à un niveau bas, et que la sensation de satiété arrive quand le glucose dépasse un certain seuil. Ce qu’on pourrait représenter par le schéma suivant.

Mais ce n’est pas ainsi que ça fonctionne. Si c’était le cas il faudrait attendre d’être en hypoglycémie ou que le corps choisisse un niveau bas assez élevé pour qu’il nous reste suffisamment d’énergie pour partir en quête de nourriture. Fonctionner ainsi n’aurait rien d’optimal.

Si les taux de glucose et d’insuline sont des bons marqueurs pour la faim ou la satiété, il semble délicat de jouer sur ces deux molécules pour agir de manière volontaire sur l’appétit dans un sens ou dans un autre.

L’hypothalamus et le contrôle de l’appétit

Je vous passe tous les détails de l’historique des recherches, mais on a fini par identifier dans l’hypothalamus une zone qui permet de réguler à la baisse ou à la hausse l’appétit. Sans trop rentrer dans les détails et pour que ça reste simple, on peut considérer qu’il y a deux centres. Un qui régule l’appétit à la hausse et un autre qui le régule à la baisse. Et chacun de ces centres peut d’une part recevoir des signaux d’activation ou d’inhibition, et d’autre part s’influencer mutuellement pour qu’au final notre appétit soit l’image du centre qui a reçu le plus de signaux d’activation. Ce qu’on peut représenter par les schémas suivants :

sans surprise, l’insuline va agir sur ces centres de contrôle de l’appétit. Si le taux d’insuline est élevé, ça va activer le centre qui réduit l’appétit et inhiber le centre qui stimule l’appétit.

La problématique consiste maintenant à identifier d’autres hormones qui activent ces centres pour voir si on peut volontairement contrôler l’appétit.

La leptine

La leptine qu’on appelle aussi l’hormone de satiété, est une hormone produite par les cellules adipeuses. Elle informe le cerveau des réserves de graisse. Plus le taux de leptine est haut plus elle incite à ne plus manger. D’où son nom d’hormone de satiété. La leptine agit sur le centre de contrôle de la même façon que l’insuline.

La ghréline

La ghréline est une hormone qui contrairement à la leptine va stimuler l’appétit. Elle est produite par l’estomac. C’est la raison pour laquelle elle est seulement activatrice du centre de stimulation de l’appetit.

Le peptide PYY3-36

Ce peptide porte un nom qui pourrait presque servir à baptiser un robot dans starwars. Il est produit par l’intestin, et le taux de ce peptide dans le sang s’élève très rapidement quand on ingère des aliments. Il permet de contrebalancer l’effet de la ghréline et contribue à diminuer le signal de faim au fur et à mesure qu’on mange.

La physiologie n’explique pas tout

Si comprendre les variables physiologiques aide à comprendre les mécanismes de l’appétit, elles ne suffisent pas pour permettre d’expliquer pourquoi nous avons faim alors que notre physiologie n’envoie pas de signaux exprimant un besoin de refaire le plein d’énergie.

Pour prendre sa « décision » finale, notre cerveau va également tenir compte de notre état émotionnel. Même si sur le moment nous n’avons pas faim, une simple odeur de croissant chaud peut nous donner envie d’en manger. Car nous associons l’odeur à quelque chose d’agréable.

De plus nous mangeons également pour nous faire plaisir, et dans nos sociétés qui deviennent de plus en plus stressantes, pour beaucoup de personnes l’alimentation est la seule façon qui reste pour se faire plaisir. Notre état émotionnel aura donc son mot à dire dans l’équation finale de l’appétit.

De même notre système nerveux autonome qui contrôle plusieurs fonctions autonomes comme la respiration ou la digestion influencera également la sensation d’appétit. Si le système parasympathique est sollicité, comme il a en charge la digestion, un parasympathique trop haut peut stimuler l’appétit.

Au final on peut estimer que l’équation de l’appétit a 3 composantes :

  • La physiologie
  • Les émotions
  • Le système nerveux central

Ce qu’on peut résumer par le schéma suivant :

Appétit et aromathérapie

Une fois qu’on a compris l’équation de l’appétit, on réalise qu’il est difficile d’agir sur la partie physiologie car ce n’est pas la partie la plus prépondérante dans la sensation de faim.

Avec les huiles on va surtout agir au niveau émotionnel, même si certaines huiles comme le patchouli peuvent diminuer la résistance à la leptine qu’on retrouve dans certains cas d’obésité.

Les huiles qui stimulent l’appétit

On a le poivre noir dont j’ai parlé dans une publication la semaine dernière, qui est un puissant stimulateur d’appétit. Une inhalation d’une minute avant de manger suffit pour le stimuler. On a également des huiles essentielles comme celles de cannelle, gingembre, giroflier, curry, fenouil, noix de muscade et même lavande. À ça on peut ajouter l’odeur de vanille qui stimule l’appétit.

Les huiles qui réduisent l’appétit

Les huiles capables de réduire significativement la pulsion de faim sont plus difficiles à trouver. Néanmoins on a des résultats intéressants avec l’olfaction longue d’huiles essentielles de pamplemousse, pin, menthe poivrée, d’osmanthus fragans qu’on appelle aussi l’olivier odorant. Une olfaction de trente minute de patchouli réduit également la prise alimentaire. D’ailleurs le patchouli fait partie des huiles qui pourraient limiter la résistance à la leptine dont j’ai parlé dans la partie théorique. Les graines de carvi ont donné également quelques résultats.

Des études mentionnent l’utilisation d’huiles essentielles par voie orale, mais sincèrement à éviter car les études n’ont pas évalué les effets indésirables à long terme. Notamment on parle du thymol pour diminuer la résistance à la leptine, une utilisation de longue durée est donc à proscrire.

Les principes actifs qui agissent sur l’appétit

Les stimulants

linalol, zerumbone, eugénol, méthyleugénol, acétate d’eugénol, trans-cinnamaldéhyde, acétate de cinnamyle, alcool trans-cinnamylique, 1-phényl-2-butanone, benzylacétone, acétate de bornyle, vanilline, vanillylacétone, éthylvanilline, myristicine, 2-méthoxycinnamaldéhyde, 3-phénylpropionaldéhyde, benzoate de benzyle, salicylate de méthyle , p-aniscétone et DMHF

Les réducteurs

le citral, le limonène, le D-limonène, le β-citronellol, le thymol et le 1,8-cinéole

Sources scientifiques

Effects of Essential Oils and Fragrant Compounds on Appetite: A Systematic Review
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC10178777/

Integrative Hedonic and Homeostatic Food Intake Regulation by the Central Nervous System: Insights from Neuroimaging
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC9032173/

L’approche systémique en phyto-aromathérapie

Qu’est-ce que la systémique ?

On pourrait dire que l’approche systémique est une approche globale. Et dans les faits on pourrait la considérer comme telle. Mais ce qui caractérise la systémique c’est d’étudier un phénomène comme système. Un système se définissant comme un ensemble d’éléments interagissant entre eux.

On pourrait prendre l’exemple du système solaire dans lequel chaque planète a la capacité d’interagir avec les autres planètes (via la gravité).

Appliquer la systémique au corps humain c’est donc le considérer comme un ensemble d’éléments (les organes) interagissant entre eux pour maintenir la vie.

Et bien évidemment le corps lui-même a des interactions avec d’autres systèmes :

Systémique vs vision holistique

Avant de parler de leurs différences, la systémique et la vision holistique s’accordent sur le fait d’appréhender les phénomènes dans leur globalité, plutôt que de chercher à le diviser en sous-parties pour le comprendre. Par contre là où la vision holistique se limite à dire que le corps humain fait partie d’un « tout », la systémique cherchera à comprendre les interactions complexes de chaque partie de ce grand « tout ».

Peut-on appliquer la démarche systémique à la phyto-aromathérapie ?

La réponse est bien évidemment oui. Puisque nos actions de phyto-aroma s’exerçent sur le corps humain, avoir une vision systémique de celui-ci nous aide à faire des choix plus pertinents. C’est ce que je développe dans la vidéo !

Comment les cellules communiquent entre-elles ?

Cette vidéo commence une série de vidéos consacrée à la biologie. Vous avez été nombreuses et nombreux à me solliciter sur ce point, et pour commencer j’ai choisi de poser le décor en parlant de la façon dont les cellules perçoivent leur environnement et s’y adaptent.

Si vous êtes abonné·e·s à ma newsletter, c’est un sujet que j’avais abordé dans l’une d’elles.

Avec nos plantes et nos huiles essentielles, nous pouvons prendre part à la discussion cellulaire si nous comprenons comment les principes actifs végétaux interagissent avec ce par quoi une cellule « comprend » son environnement, à savoir ses récepteurs membranaires.

Volontairement je suis resté à un niveau assez macro, car à ce stade, le principe est plus important que les détails. Mais petit à petit, on va affiner cette connaissance pour pouvoir tirer meilleur parti des plantes médicinales.

Comment éloigner les moustiques

Un monde sans moustique est-il envisage ou tout simplement atteignable ?

Doit-on apprendre à mieux cohabiter avec les espèces sauvages ou chercher à les faire disparaitre ?

Ces questions peuvent surprendre mais quand on sait que le moustique est l’animal qui est le plus meurtrier pour les humains, ça fait réfléchir. Chaque année plus de 700 000 personnes meurent à cause d’une maladie occasionnée par une piqure de moustique.

Personnellement je n’ai pas la réponse, je me suis donc focalisé dans cette vidéo sur la proposition de solutions qui permettent de garder les moustiques à une certaine distance, histoire de passer un été tranquille.

Pour trouver des solutions pertinentes, le mieux est de comprendre les moustiques, leur cycle de vie, pourquoi ils piquent, ce qui les attire ou les repousse.

Quelques études scientifiques

Analyse des composants d’huiles essentielles de plantes aromatiques à l’aide de la méthode Headspace Repellent contre les moustiques Aedes aegypti
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC10254846/

Criblage répulsif d’huiles essentielles végétales sélectionnées contre les moustiques de la dengue à l’aide de bioessais comportementaux
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC10181966/

Les huiles essentielles comme alternative à la résistance des pyréthrinoïdes contre le complexe d’espèces anophèles Giles (Diptera : Culicidae)
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6151604/

La répulsion de l’huile de citronnelle contre les mouches d’écurie, testée à l’aide d’un suivi vidéo
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3718533/

Efficacité répulsive des huiles essentielles d’Eucalyptus globulus et de Syzygium aromaticum contre le vecteur du paludisme, Anopheles stephensi (Diptera : Culicidae)
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC8643535/

Composition chimique et activité répulsive des feuilles d’huiles essentielles de Tithonia diversifolia (Asteraceae) contre les piqûres d’ Anopheles coluzzii
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC10097857/

Liens intéressants


https://www.cosmopolitan.fr/pourquoi-le-meilleur-anti-moustique-serait-en-fait-votre-ventilateur,2058550.asp


https://www.geo.fr/environnement/quelles-sont-les-couleurs-qui-attirent-le-plus-les-moustiques-210912

Comprendre le burn-out

Voilà un sujet que j’avais envie de traiter depuis quelques temps. Et finalement c’est une vidéo traitant des risques de burn-out sur YouTube qui m’en donne l’occasion.

Certes dans cette vidéo j’explore ce qui rend sensible les youtubeuses et youtubeurs au burn-out, mais comme ce sont les mêmes mécanismes pour tout le monde, on peut tout à fait regarder cette vidéo même si on n’a pas de chaine YouTube.

Quels sont les facteurs de risque qui conduisent au burn-out ?

Il n’y a que très rarement une cause unique au burn-out, c’est même le plus souvent une combinaison de facteurs qui pris isolément ne déclenchent pas de burn-out mais lorsqu’ils se combinent le déclenchent. Parmi ces facteurs de risque on retrouve :

  • la surcharge de travail et pression temporelle
  • un faible contrôle sur son travail
  • des faibles récompenses
  • un manque d’équité
  • un conflit de valeur et demandes contradictoires
  • un manque de clarté dans les objectifs et les moyens

Les causes du burn-out sont-elles seulement professionnelles ?

Le plus souvent c’est une combinaisons de facteurs appartenant à la sphère professionnelle, familiale et sociétale. Et notamment l’impact sur notre qualité d’attention est clairement attribuable à la sphère sociétale.

Le psoriasis en phyto-aromathérapie

Voici un sujet que j’ai traité en deux parties pour ne pas faire une vidéo trop longue. la première partie présente la physiopathologie du psoriasis, la seconde partie propose quelques solutions en phyto-aromathérapie.

Qu’est-ce que le psoriasis ?

Le psoriasis est une maladie inflammatoire de la peau, mais il peut également toucher les muqueuses, les articulations, le foie et même la composition sanguine puisqu’il peut modifier l’agrégation plaquettaire. Une précision importante, il n’est pas contagieux. C’est important de le souligner car l’impact du psoriasis sur la vie sociale est parfois désastreux. C’est une maladie multifactorielle dont il apparait de plus en plus qu’elle a une composante génétique et pour être plus précis on parle de prédisposition génétique. C’est-à-dire que l’ADN présente une configuration de gènes qui prédispose la personne à déclencher un psoriasis. Et le mot déclencher a son importance, car il y a souvent un élément déclencheur comme des facteurs environnementaux, un stress, un traumatisme physique, mais également une simple infection.

Apparition du psoriasis

Ce qu’il est intéressant de constater c’est qu’on a en gros deux pics d’apparition du psoriasis : un déclenchement précoce qui se manifeste généralement avant la quarantaine et un déclenchement plus tardif après cinquante ans. En général, les déclenchements précoces sont souvent la conséquence d’une infection alors que les déclenchements tardifs sont plutôt la conséquence d’un stress prolongé ou de la présence de facteurs de risque comme le surpoids, la consommation d’alcool ou de tabac.

Le cercle vicieux du psoriasis

Pour comprendre le psoriasis, il est important de comprendre le cercle vicieux qui s’installe entre plusieurs cellules de l’immunité et les kératinocytes de la peau.

Traitement du psoriasis par la phyto-aromathérapie

Les informations données dans cette vidéo ne se substituent pas à une consultation médicale.